INTRODUCTION
Quand le chancre simple, cette lésion presque toujours d’origine vénérienne siège en dehors des régions génitales, la pensée de sa véritable nature se présente rarement à l’esprit ; et comme le disait M. le professeur Fournier à la séance de la Société de dermatologie du 13 février 1896. « La rareté du chancre simple extra-génital, surtout de la face est due à ce que nous le recherchons avec les caractères qu'il n’a pas ». Ce serait donc d’après notre éminent maître un chancre souvent méconnu et cela parce que les caractères n’en sont pas nettement établis, et souvent très différents du chancre simple génital, que nous sommes habitués à traiter.
Si pareille lésion survient secondairement chez un malade atteint déjà de chancrelles génitales, l’attention pourra être mise en éveil ; si tout au contraire la lésion extra-génitale se produit accidentellement chez un sujet non porteur de chancre génital, le diagnostic sera des plus difficiles, à moins que le malade n’ait été en contact avec un sujet atteint de chancres simples.
Pour tâcher d’obvier à ces difficultés de diagnostic nous nous efforcerons donc par les observations que nous reproduisons et celles inédites que nous publions de fixer
les caractères précis du chancre simple extra-génital,
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Maïs comme il est soumis à de grandes variations suivant les terrains sur lesquels il se développe, nous en arrivons naturellement à diviser notre étude des chancres extragénitaux d’après leur siège.
Nous étudierons donc successivement :
1° Les chancres céphaliques.
2 Les chancres du membre supérieur.
3 Les chancres du tronc auxquels nous ajouterons brièvement les chancres péri-génitaux de la région génitoanale.
4 Les chancres du membre inférieur.
De plus Pétiologie nous paraissant d’une grande importance surtout au point de vue prophylactique, nous verrons successivement dans chacune des catégories énoncées ci-dessus.
a). — Les chancres extra-génitaux que nous appellerons primitifs (à diagnostic difficile) c’est-à-dire ne succédant pas à un chancre génital et n’étant pas le résultat d’une auto-inoculation.
b). — Les chancres extra-génitaux secondaires à un chancre génital préexistant chez le même individu.
La prophylaxie du chancre simple est fréquemment négligée, nous insistons sur ce point dès le début de notre travail; nous verrons en effet dans le cours de nos observations que souvent, le plus souvent même, les chancrelles de la face, du tronc, des membres sont produites par des chancres génitaux. Le malade s’auto-inocule luimême.
De là, comme on le fait pour la blennorrhagie dans le
but d'éviter la redoutable ophtalmie gonococcique, la né-
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cessité de recommander à tout porteur d’ulcération chancrelleuse de prendre de grands soins de propreté ; on lui fera éviter tout contact de ses doigts avec des linges ou des objets de pansements souillés par le pus du chancre, on lui apprendra que toute écorchure grattée avec des doigts contaminés, peut servir de porte d'entrée au virus et déterminer sur son visage une plaie aussi peu esthétique que douloureuse, on lui recommandera enfin de se désinfecter les mains avec un liquide antiseptique et cela après chaque pansement de son affection.
Avant de voir séparément chacune des catégories énoncées ci-dessus, jetons un coup d’œil d’ensemble sur les chancres extra-génitaux en général.
Sila liste des chancres indurés extra génitaux est déjà des plus longues, il n’en est pas de même pour le chancre simple.
Les localisations en dehors de la zône génitale du virus chancrelleux sont en effet rares et souvent aussi elles doivent être méconnues. La maladie en elle-même quoique nayant pas une gravité considérable présente dans quelques cas une tendance au phagédénisme et à la suppuration ganglionnaire qui surtout lorsqu'elle se trouve située dans des régions exposées aux regards comme les lèvres, le front, le menton peut comporter pour le patient des conséquences fort désagréables. A côté de localisations rares, les chancres des lèvres, des doigts, des cuisses, loin d’être difficiles à rencontrer s’imposent au contraire en pratique avec un certain degré de fréquence. Nous
voyons en effet en nous reportant aux statistiques publiées à ce sujet:
Nino.
1° Statistique de Debauge de Lyon.