MA GAITÉ
Air nouveau ih^ Kri-déi-ic Rkimt
Ma gaîlé s'en est alh'e.
Sage ou fou, qui la rendra A ma pauvre àme isolée, Dieu l'en récompensera.
Tout vient aggraver ma perte L'infidèle, en s'évadant, Au chagrin toujours rùdani A laissé ma porte ouverte.
Au logis ramene/.-la.
Vous tous qu'elle consola.
Ma gaité, bonne égrillarde D'un garçon malingre et vieux , Devait me servir de garde, Devait me fermer les yeux.
De ses traits qui n'a mémoire ?
Pour me la voir ramener, Si j'en avais à donner, Je donnerais de la gloire.
Au logis ramene/.-la , Vous tous qu'elle consola.
Je lui dus, vaille que vaille, Ces chants que le prisonnier A tant redits sur sa paille Et le pauvre en son grenier.
La folle, franchissant l'onde, Brave et railleuse à Paris, Allait rendre à nos proscrits L'espérance au bout du momie.
Au logis ramene/.-la, Vous tous i[u'elle consola.
/Jii.
" Cesse/, à de folles (êtes
1' D'inspirer vos désespoirs,
<■ Disait-elle aux grands poètes;
'■ Le génie a ses devoirs.
« Qu'il brille au vaisseau qui sombre,
<i Comme un phare bienfaisant.
Cl Je ne suis qu'un ver luisant,
" Mais je rends la nuit moins sombre. »
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu'elle consola.
Du luxe elle avait la haine,
Philosophait même un peu ;
En petit cercle et sans gène
S'ébattait au coin du feu.
Que son rire avait de charmes!
J'en pleurais épanoui.
Le rire est évanoui;
Il n'est resté que les larmes.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu'elle consola.
Elle exaltait la jeunesse,
Les cœurs chauds, les doux penchants.
Ne comptait dans notre espèce
Que des fous, points de méchants.
En dépit des sots rigides.
Qu'elle dépouilla de fois
La raison de ses airs froids,
La sagesse de ses rides !
Au logis ramenez-la.
Vous Ions qu'elle consola.
Mais nous désertons la gloire, Mais l'or seul nous fait des dieux ; Aux nii'chants, si j'allais croire !
(iaiti', ii'viens au bon vieux.
Tout sans loi me rnnl à phiindre.
I.as! mon i'cr\'eaii se IrMiisil ; Ma voi\ mi'url, mon l'en noirril, El ma liuiipc va s'iMcindn'.
Au logis i'amcne/-la, Vdii'i tiuis (prcUe consola.
LES CHANSONS DE DÉRANGER