‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 113 sur 245 · ROSETTE · texte numérisé non relu

ROSETTE

Air nouveau de M. dk Reaupian.

Sans respect pour votre priiUemps, Quoi ! vous me parle/, de tendresse, Quand sous le poids de quarante ans Je vois succomber ma jeunesse !

Je n'eus besoin pour m'entlammer Jadis que d'une humble grisette.

Ah! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette!

Votre équipage, tous les jours, Vous montre en parure brillante.

Rosette, sous de frais atours, Courait à pied, leste et riante.

Partout ses yeux, pour m'alarmer, Provoquaient l'œillade indiscrète.

Ali ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette !

Dans le salin de ce boudoir, Vous souriez à mille glaces.

Rosette n'avait qu'un miroir; Je le croyais celui des Grâces.

Point de rideaux pour s'enfermer :

L'aurore égayait sa couchette.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette !

Votre esprit, qui brille éclairé. Inspirerait plus d'une lyre.

Sans honte je vous l'aveulirai, Rosette à peine savait lire.

Ne pouvait-elle s'exprimer, Lamour lui servait d'interprète.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Cciinme autrefois j'aimais Hosetto!

Elle avait moins d'attraits que vous; Même elle avait un cœur moins tendre.

Oui, ses yeux se tournaient moins doux Vers l'amant, heureux de l'entendre.

Mais elle avait, pour nie charmer, Ma jeunesse que je regrette.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette I

LES CHANSONS DE DÉRANGER

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