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PANTHÉISME

A UN ANCIKN l'ROl'HÈTE SAINT-SIMONIEN Musique de : La Viellesse (page '-8).

Salut et gloire, ù mon prophète 1

Ton front rayonne, et devant toi

Tombe le Christ, dont la défaile

Va nous valoir une autre loi.

Toi qui sais Dieu, l'homme et notre ànie,

Prends ma table pour Sinaï ;

Parle, et ta loi, je la proclame

Au bruit de vingt bouchons d'aï.

Chantons un hymne à la matière, Qui! tu rétablis dans ses droits.

Ta loi l'institue héritière De tous les cultes à la fois.

Le pape en déchire sa robe, Mahomet n'a plus feu ni lieu.

Vivat! nous verrons sur le globe Ton dieu régner, s'il plait à Dieu.

Tu divinises la nature; Épicure autrefois l'osa.

Lucrèce a tenté l'aventure Dont l'honneur reste à Spinosa.

Finis la statue ébauchée!

Rends-la plus belle, orne-la mieux.

C'est la matière endimanchée Qu'un panthéisme ingénieux.

Mais, vient (lire un vieux moraliste, La matière a vaincu >ans vous.

Heine de notre Age égoïste.

Nous lui devons mœurs, lois et goûts.

Pour l'aire action méritoire, Mieux vaudrait, api'itrcs nouveaux.

Enrayer son char de victoire Que d'aiguilliinner ses chevaux.

Voire Dieu, disent les sceptiques, S'il vit en nous, à l'être humain Dut montrer, dès les temps antiques.

Le but, la borne et le chemin.

En vain donc la raison s'éveille; Au progrès l'homme aspire à tort ; Il essaime comme l'abeille.

Il bâtit comme le casior.

Le poëte qu'un souffle agile

Crie : Eh 1 quoi ! l'àme, à notre mort,

Sans mémoire, de gîte en gîte.

Entre au hasard, pleure et puis sort !

Prostituée et vagabonde,

Quoi ! cette àme esclave ici-bas.

N'a point de ciel où fuir un monde

Qu'elle sent crouler sous ses pas 1

Le Très-Haut, t'écrit un saint prêtre.

Roi des cieux,est notre soutien.

Ce Dieu seul à tout donna l'être; Tous les germes sont dans le lien, A Piin on va par la pensée ; Vivants ou morls, l'autre est en nous, De l'un l'àme est la liancée ; De tous les corps l'autre esl l'époux.

l'rophèli', ces gens déraisonnent.

Ils pri'diront. dans leurs regrets.

Qu'au siil l'ii les tyrans moissonnent Ton culte fournira l'engrais.

Plus d'un républicain le pense, .aveugle qui préfère eucor Au panthéisme à large panse Le mvslicisme aux ailes d'or.

Ne connais-tu pas Don Quicliotle ?

Voilà l'esprit pur, lance au poing.

Son écuyer boit, mange et rote ; C'est la chair en grossier pourpoint.

Pour que Sanclio nous moralise, Entre la broche et le cellier, Sous les dalles de notre église Enterrons le preux chevalier.

(iloire au grand Pan ! qu'il soit féliclic, Loup, bœuf, ibis, singe, éléphant; Qu il soit cet Olympe si riche Kn symboles d'un monde enfant.

Qu'il soit Phallus! Vois, ô mon maître ! Les fêtes qui vont avoir lieu.

De ton Dieu que de dieux vont naitre ! Puisqu'il est tout, tout sera Dieu.

LES CHANSONS DE DERANGER

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