‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 139 sur 245 · LES VENDANGES · texte numérisé non relu

LES VENDANGES

Accoure/,, aimable Laure.

Nos vendangeurs vont aux champs.

En sursaut déjà l'aurore S'éveille à leurs joyeux chants.

Tout vigneron à l'ouvrage Mène enfants, amis, voisins ; Tant ses tonnes en veuvage Ont soif du jus des raisins !

Les ceps, de rosée humides, Comme un cerf dans ses douleurs, Devant ces meutes avides Semblent répaiulre des pleurs.

Sous les paniers qu'on renvoie L'àne pliera jusiju'au soir.

Venez voir richesse et joie Jaillir à flots du pressoir.

Mais Témeute est au village.

Mille oiseaux, dans ces tilleuls, Disent : « L'on met au pillage « Ce que Dieu lit pour nous seuls.

« Voyageurs privés d'étapes,

« Nous allons de mal en pis :

« Aujourd'hui l'on prend les grappes,

« Hier, c'étaient les épis.

« Des hommes, troupe assouvie, « Ont terres et revenus ; « Les autres glanent leur vie, « Le dos courbé, les pieds nus.

(c Pauvres gens, vous qu'on dédaigne, « Vite, aux armes ! venge/.-vous.

« Nous chanterons votre règne :

« Les raisins seront pour nous. »

Mais vieul réponse à leur plainte.

Un chasseur! Oiseaux, tremble/.!

On peut vendanger sans crainte :

Nos tribuns sont envolés.

Laure, on dépouille la plaine ; Quitte/ le doux oreiller.

Demain les pauvres à peine 'Jrouveront à grai>piller.

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LES CHANSONS DE BEUAN(JEU

fm.

Musique avec accompagnement de piano

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