‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 143 sur 245 · MES FLEURS · texte numérisé non relu

MES FLEURS

Air : Chai-mnnt miisseau.

Modestes fleurs, empressez-vous d'éclore : Déjà bien vieux, j'ai hàle de vous voir. De votre éclat, vite, égayez l'aurore ; ) De vos parfums, vite, embaumez le soirJ

Dis

Fleurir demain serait trop tard peut-être : Pour les vieillards tout flot cache un écueil. Ce beau soleil qui vous invite à naître Peut, dès demain, briller sur mon cercueil.

Le choléra revient, afTreux vampire.

Typhus vengeur de l'Indien opprimé.

Éclosez donc, fleurs ; que du moins j'aspire Son noir venin dans un air parfumé.

Grondent encor les canons dans la ville ", D'horribles cris nos échos sont tremblants ! Si jusqu'ici vient la guerre civile, Croissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants.

Fleurs, vous aussi, vous avez vos souffrances.

Le ver est là, le vent peut accourir

Moi, qui longtemps ai vécu d'espérances,

Que de boutons j'ai vus ne pas fleurir !

Ne craigne/, pas que ma main vous moissonne : Vieux, je n'ai plus de bouquets à donner : De vous mon front n'attend plus de couronne; Je pars en roi qu'on vient de détrôner.

Las du combat, des folles théories.

Las de nombrer les taches du soleil.

Que n'ai-je enfin, sous vos tiges fleuries. Un lit creusé pour mon dernier sommeil !

Mais, près de vous, fleurs au tondre langage. Si de ma mort ici j'atteins le jour.

Puisse un parfum, souvenir du jeune âge, Ce jour encor me reparler d'amour !

Modestes fleurs, empressez-vous d'éclore Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir. De votre éclat, vite, égayez l'aurore; De vos parfums, vite, embaumez le soir.

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LE CHAPELET DU liONlIUMMh:

LES CHANSONS DE BEHANGER

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