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LA. PLUIE

A UN AMI Musiqae de : La double ivresse (page S45).

Ami, plus de promenade.

La pluie à flots tombe ici, Tombe à me rendre malade ; Et le ciel n'en a souci.

Comme au roc se cloue une huître Que la mer lave en courant, Je reste auprès de la vitre A voir passer le torrent.

Sous nos humides murailles Que transperce un air malsain, Je crois sentir les tenailles D'un rhumatisme assassin.

A ce point l'ennui me gagne, Qu'en rêve, dans mon sommeil, Je vole au fond de l'Espagne Pour me sécher au soleil.

Au pied d'anliques arcades, J'ai, sur ces bords étrangers, Des tentures de grenades Sous des voûtes d'orangers.

J'y vois fuir l'année entière.

Loin des brouillards importuns, L'œil enivré de lumière, Et le cerveau de parfums.

Mais, las de pèche et de chasse, L'Esquimau revient joyeux Subir sous son toit de glace La plus longue nuit dos cieux.

De mon rêve je m'ennuie :

Adieu, ciel pur; adieu, fleurs.

Retournons, malgré la pluie, Aux bords oii j'ai tous mes pleurs.

Je reviens où, tendre et folle, Ma jeunesse a tant chanté ; Où le génie est l'idole Qu'encense l'Égalité.

Dieu I notre ciel se dé.uage.

Ami, viens, puisqu'il sourit.

Viens, nous irons au village Voir si l'amandier llcuril.

LES CHANSONS ETE BÉRANGEI

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