‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 15 sur 245 · LE DÉLUGE · texte numérisé non relu

LE DÉLUGE

Musique de la F'ivcUction de Xostradamus (page 03^).

Toujours prophète, en mon saint ministère, Sur l'avenir j'ose interroger Dieu.

Pour châtier les princes de la terre, Dans l'ancien monde un déluge aura lieu. Déjà, près d'eux, l'Océan sur ses grèves Mugit, se gonfle: il vient, maîtres, voyez ! Voyez, leur dis-je. Ils répondent: Tu rêves. Ces pauvres rois {Bis), ils seront tous noyés.

QuevousonI fail,nion Dieu, cesbons monarques? 11 en est tant dont on bénit les lois! De jougs trop lourds si nous portons lesmnr(jues. C'est qu'en oubli le peuple a mis ses dmlls. Pourtant les flots précipitent leur marche Contre ces chefs jadis si bien choyés.

Faute d'esprit pour se construire une arche, Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

Qui parle aux flots? Un despote d'Afrique, Noir fds de Cham, qui règne les jiicds nus. Soumis, dit-il, à mon fétiche anticpie.

Flots (pii gronde/., doublez mes revenus. Et ce bon roi, prélevant un gros lucre Sur les forbans à la traite employés.

Vend ses sujets pour nous faire du sucre. Ces ]>auvres rois, ils seront tous noyés.

.accourez tous! crie un sultan d'Asie:

Femmes, vizirs, eunuques, icoglans, Je veux, des flots domptant la frénésie. Faire une digue avec vos corps sanglants. Dans son sérail tout parfumé de fêtes, D'où vont s'enfuir ses gardes effrayés, Il fume, il bâille, il fait voler des têtes. Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

Dans notre Europe, où naît ce grand déluge. Unis en vain pour se prêter secours, Tous ont crié: Dieu, soyez notre juge!

Dieu leui' répond : Nagez, nagez toujours. Dans l'Océan ces augustes personnes Vont s'engloutir; leurs trônes sont broyés; On bat monnaie avec l'or des couronnes. Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

Cet Océan, quel est-il, ô prophète?

Peuples, c'est nous, affranchis de la faim.

Nous, plus instruits, consommant la di'faite

De tant de rois inutiles enfin.

Dieu fait passer sur ces fils indociles

Nos flots mouvants si longtemps fourvoyés.

Puis le ciel brille et les flots sont tranquilles.

Ces pauvi'cs rois, ils seront tous noyés.

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l.i:s CHAIS-ONS DE BÉ:tANT.E:;

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