A UN JEUNE CRITIQUE
Miisique (le : VAnniver^nire (page 55/i).
Fh quoi! jeune et doi:te criti(|ue,
Vous recourez à mes avis!
Soit! je prends le ton dogmati(|iie,
Contre le faux goût je sévis.
H se peut qu'au but je ramone
Quelque esprit las de ses écarts.
Maint aveugle a tiré de peine
Des gens perdus dans les brouillards (1)
Combien je hais la vaine pompe De tous nos vers retentissants !
Paut-il qu'ainsi l'on te corrompe, 0 langue si chère au bon sens!
Si tu subis la loi haulaine De tous nos bruyants novateurs, Bientôt Racine et La Fontaine Auront besoin de traducteurs.
L'art meurt on le goilt dégénère.
Qu'un |)euple ail recon([uis ses droits, Il étend son dictionnaire Pour suflirc à de libres voix.
Ce tr('S(ir commun nous di'fraie, Mais n'y puisons ([u'avec grand soin ; N'altérons pas ime monnaie Que le peuple marque à son coin.
Notre langue aime le mélange Du sublime et du familier, Kt, rebelle à tout luxe étrange, Craint le pédant et récolier.
Pour l'éloquence clic a des armes, Pour l'auiour de tendres l'clios, Mais ù (|ui veut tirer des larmes Défend de torturer les mois.
Notre nuise di'vergondéc, Refaisant le monde à l'envers, Sous sa f(M-me écrase l'idée, \)i'. pluriels houi'soulle ses vers.
Admire/, ses monstres b'roces, Ses vésuves, ses océans, Ses lu'i'os, qui sont des colosses, Ses f^loircs, qui sont des nistnls.
t;ile exige que la pensée licgnc |iarlout sans faux atours.
Voyez, celte foule pressée D'enfants (|u'allirenl les tambours.
Là se carre un gcant vulgaire, l'jnpanachc, Inul cousu d'or.
Pour eux c'est le Dieu de la guerre Vive le beau lamliour-major !
(1' (.0 suni .les ;ivi'iigl.s (|iii s.iiivimU s.Tvenl .!■■ i;iii,los aux élraii;.M'i-s pondaiil K-s jours île liroiiillar.is, si sombres el si