COUPLET A DEUX JOLIES FEMMES DE FINANOIERS
Air :
Aux bords infects du Pactole des fables Mouraient les fleurs, le vautour seul buvait. Aucun doux oiseau ne bravait La lourde vapeur de ses sables.
Loin de ce fleuve Amour fuvail alors,
Chez nous autrement vont les choses Bien qu'il attire et vautours et butors, Notre Pactole a sur ses bords Et des Colombes et des roses.
*g^Ig^»SC4t£g'
LES PAPILLONS
.\iK : L'iie lille est un oiseau.
Lit grand" iiicrc. au temps jadis, Ucpi'tail à lii fillette :
Prie, enfant, car lu grandis; Le diable est là qui le guette.
Point de jeux trop séduisants.
Je suis vieille, un doit me croire.
A'iens d'une àme de dou/.e ans, Ma fille, écouter riiisloirc.
Crains le diable; mais crois bien / Que I enfer vaut mieux que rien.)
Dis.
I»'un village mis à sac Le diable em])ortait les iwnes.
Il en avait un plein sac, (Ju'il allait jeter aux flammes.
Las du fardeau, lui, si fort, S'est assis sous une Ireille.
La main au sae, il s'endort; Car Dieu permet qu'il sommeille.
Crains le diable ; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
LES CHAN; O.N- DE BERANGER
LliSJ l'AriLLONS (iiagtf 103.^).
Des oiseaux l'ont reconnu:
Frères, disent-ils, courage !
Sans bruit, de l'anj^e cornu Courons entr'ouvrir la cage.
Vite, vite, au sac de cuir Leur bec fait un trou d'aiguille, Par oii, seule, a peine à fuir L'âme d'une jeune fille.
Crains le diable ; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
11 s'éveille I Oit se cacher?
L'âme avec les oiseaux vole Sous le toit d'un saint clocher.
Le malin ne s'en désole.
Dieu me défend d'aller là ; Mais, sachez-le, ma colombe.
Qui de mes rets s'envola Sous ma grifle un jour retombe.
Crains le diable ; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
Satan pari, et les oiseaux De dire à l'âme sauvée : Auriez-vous fait des réseaux Ou détruit quelque couvée ?
— Non, messieurs les oisillons:
Plus coupable pécheresse, Pour chasser aux papillons.
J'ai vingt fois manqué la messe.
Crains le diable ; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
— Dieu sourit au repentir :
Su}ipliez-le bien, pauvrette.
Pour vous nous allons bâtir Un nid dans notre retraite.
Ce toit, qui Téveille aux champs, Vous rend la prière aisée.
.Nous vous nourrirons de chants.
De ileurs, de miel, de rosée.
Crains le diable ; mais crois bien Qne l'enfer vaut mieux que rien.
X'osant quitter ce séjour, Sous la croix l'âme abritée D'abord soigne avec amour Les petits de la nitée.
Puis ce beau zèle s'éteint; Même elle néglige encore, Chez les chantres du matin, Comme eux de bénir l'aurore.
Crains le diable; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
Certain jour qu'ils vont au loin :
Quel ennuyeux tas de pierres !
Dit-elle ; et qu'est-il besoin D'y sonner tant de prières ?
Ciel ! aux champs, dans un sillon, Que vois-je ? Un papillon hrillc !
• 'erte, un si beau papillon N'est pas né d'une chenille.
Crains le diable ; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
Elle vole, et, d'un élan,
Jusqu'à l'insecte elle arrive.
Sainte Vierge ! c'est Satan
Qui lui crie : Ah ! fugitive,
Je vous tiens. Ne priez ;
C'est trop tard, vite à mon bouge
Vous attraperez là-bas
Des papillons de fer rouge.
Crains le diable ; mais crois bien
Que l'enfer vaut mieux (|ue rien.
Nos oiseaux au toit qui jumiiI Uentrent : 0 l'infortunée 1 1-e diable à l'œil de serpent D'en bas l'aura fascinée.
Disent-ils. Uii la chercher '/ Dans les flammes éternelles.
Sans pouvoir l'en arracher Nous y brûlerions nos ailes.
Crains le diable; mais crois bien Que l'enfer vaut mieux que rien.
wv/^£^^6^^L&#AA/.