‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 229 sur 245 · JEANNE LA ROUSSE · texte numérisé non relu

JEANNE LA ROUSSE

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Air : Hou- et tnntin :tnr lu /mo/ri-e.

Un enfant dnrl m s;i manielle Elle en poile uu autre à son dos.

L'ainé, qu'elle traîne après elle, Gèle pieds nus ilans ses sa'iols.

Hélas ! des gardes iiii'il courrouce, Au loin, le père est prisonnier.

Dieu, veille/, sur.leanne la Itousse ; î)n a surpris le braconnier.

.le lai vue lieureuse el pan-e ; Klle cousait, chantait, lisait.

Du niag;ister lille adonne.

Par son lion cœur elle plaisait .l'ai pressé sa main lilanehe el ilom Kn dansant sons le nuirronnier.

Dieu, veille/ sur .leanne la Housse: On a surpris le braconniei'.

LES CHANSONS DE BÉRAXGER

Un fermier riche et de son âge, Qu'elle espérait voir son époux, La quitta parce qu'au village On riait de ses cheveux roux ; Puis deux, puis trois: chacRin repousse Jeanne, qui n'a pas un denier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse; On a surpris le braconnier.

Mais un vaurien dit : « Rousse ou blonde, " Moi, pour femme je te choisis.

« En vain les gardes font la ronde ; a J'ai bon repaire et trois fnsils.

« Faut-il bénir mon lit de mousse, « Du château payons l'aumônier. »

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse ; On a surpris le braconnier.

Doux besoin d'être épouse et mère Fit céder Jeanne, qui, trois fois, Depuis, dans une joie anière, Accoucha seule au fond des bois.

Pauvres enfants! chacun d'eux pousse Frais comme un bouton printanier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse; On a surpris le braconnier.

Quel miracle un bon cœur opère !

Jeanne, fidèle à ses devoirs, Sourit encor ; car de leur père Ses tils aurrint les cheveux noirs.

Elle sourit ; car sa voix douce Rend resi)oir à son prisonnier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse ; On a surpris le braconnier.

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