‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 58 sur 245 · LES PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES AMOURS

Airt : Jupilev un jour en fureur.

Trois douzaines de Cupidons, Qu'une actrice a mis sur la paille, Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons.

Clie/. Lise ils frappent d'un air triste. Lise rt'iiond : Nous sommes sourds.

Quoi ! vivre/.-vous donc toujours, Vieux petits culs nus d'Amours?

Aile/., Dieu vous assiste ! (Dis).

Partout en France ou vous fourra.

Vous ave/, guindé la sculpture,

Vous ave/, fardé la peinture.

Vous affadisse/. l'Opéra.

Des Anacréons j'ai la liste;

Ils eucomhrent ville et faubourgs.

Vous les couronnez toujours, \ ieu\ petits culs nus d'Amours; Allez, Dieu vous a.ssisle !

LES GHANSO.NS DE DÉRANGER

Quittez votre Olympe en débris.

Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve,

Voguent avec vous de conserve;

A Gnide remmené/. Cypris.

Les Grâces suivront à la piste,

Phébé guidera votre cours.

Émigrez, mais pour toujours.

Vieux petits culs nus d'Amours ; Allez, Dieu vous assiste !

Emballez avec tous vos dieux Flore et l'Aurore aux doigts de roses Par leurs noms appelons les choses, Les choses n'en plairont que mieux.

Mon cœur à l'amant qui persiste Se rend bien sans votre secours.

Sans vous j'aimerai toujours, Vieux petits culs nus d'Amours ; Allez, Dieu vous assiste !

En leur fermant la porte au nez,

Parlait ainsi la tendre Lise,

Quand près d'eux passe une marquise

Dont à peine ils sont les aînés.

La dame, quoique moraliste,

Leur dit : Rendez-moi mes beaux jours.

Dans ma chambre et pour toujours, Chers petits culs nus d'Amours (I ), Venez; Dieu vous assiste !

(1) On ne se scandalisera pas de certain mot placé dans ce refrain, :;i l'on se rappelle que ce mot était employé par les dames de la cour avant la Révolution, pour désigner une mode du temps, .M»= de Genlis raconte à ce sujet dans ses Mémoires, une anecdote on ne peut plus gaie.

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