‹ Les chansons de croisadeChapitre 126 sur 145 · IV. — 33 So oit Ki · texte numérisé non relu

IV. — 33 So oit Ki

V. — 31» tristour — 4(i Kt ke ^'ainpnift — 41 k.- v. — Il Ko por vim wiit et por

SMiuoiir occis.

TRADUCTION

I. — Nul ne pourrait sur un mauvais thème faire ni chanter une bonne chanson ; aussi je ne veux pas m'y appHquer, ayant bien autre chose à penser. Et pourtant je vois la terre d'outre-mer tellement en balance que je veux en chantant prier le roi de France qu'il n'en croie pas des couards ni des flatteurs, quand il s'agit de venger sa honte et celle de Dieu.

IL — Ah ! noble roi, quand Dieu vous fit prendre la croix, toute TEgypte redoutait votre renom ; maintenant vous perdez tout, si vous laissez Jérusalem en telle captivité. Certes, puisque Dieu vous a fait son élu et le seigneur de sa vengeance, vous auriez bien dû montrer votre force à venger les morts et les prisonniers qui pour Dieu et pour vous sont morts et prisonniers.

III. — Roi, vous savez que Dieu a peu d'amis et jamais il n'en eut plus grand besoin ; car par votre faute son peuple est détruit et pris, et nul autre que vous ne pourrait le secourir : ces autres chevaliers sont pauvres et ont peur de rester ici ; et si en tel point vous en veniez à faillir au peuple de Dieu, saints et martyrs, apôtres et innocents se plaindraient de vous au jugement dernier.

lY. — Roi, vous avez trésor d'or et d'argent, plus grand ce me semble, que n'en eut jamais aucun autre roi : vous devez donc en faire plus grande largesse et rester pour garder ce pays ; car vous avez plus perdu que conquis, et ce serait trop grand avilissement de s'en retourner avec sa défaite ; mais restez, et vous ferez de forts exploits, jusqu'à ce que France ait recouvré son honneur.

Y. — Roi, si en tel point vous vous mettiez au retour, France, Champagne et tous les peuples diraient que vous avez tourné le dos à votre gloire et gagné moins que rien ; que vous auriez dû avoir deuil des prisonniers qui vivent dans les tourments ; que vous auriez bien dû chercher leur délivrance ; et puisque c'est pour vous et pour Jésus qu'ils sont martyrs, c'est grand péché si vous les y laissez mourir.

REMARQUES

Y. 21. (t. Paris lit, avec U, por vos. J'adopte la leçon de F, par vous^ (\wi est plus énergique et plus exacte.

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