JERUSALEM SE PLAINT ET LI PAÏS
Raynaud : 1576.
Manuscrits : M, T, C.
Editions. A. Jubinal, Rapport à M. le Ministre de l' Instruction publique... (1838), p. 37; Fr. M\c\\e\, Rapports au Ministre (1839, dans la Collection des documents inédits), p. ^- \ Buchoii. p. 425 ; Leroux de Lincy, p. 122 ; Wackernagel, p. 34 ; G. Paris, Romania, t. XIX (1890), p. 294.
Versification. Quatre strophes de onze vers décasyllabes, tous à rimes masculines. Chaque strophe est bâtie sur deux rimes seulement, ainsi disposées : ahabhhaahha. Les rimes de la str. I sont conservées à la str. II ; les rimes de la str. III sont conservées à la str. IV.
Classement des Manuscrits. Les trois manuscrits remontent à une même copie déjà fautive, puisque le v. 26 manque dans les trois ; à l'intérieur de cette famille, M et T forment un groupe plus étroit, puisqu'ils n'ont pas le v. 19, que ('a conservé.
Auteur et Date. La pièce est anonyme en C M et T l'attribuent à Huon de Saint-Ouentin. Ci. Paris a prouvé, dans un article de \\\ Romania {V. XIX, }>. 294) auquel nous renvoyons le lecteur, l'identité de ce poète avec l'auteur de la
Cliaiisons de croisaiie.
Complainte de Jérusalem contre Rome (i). Les deux pièces offrent les plus étroites ressemblances, voire des coïncidences verbales que G. Paris a relevées en note, au pied du texte critique que, le premier, il a donné de la chanson. Toutes deux se réfèrent aux mêmes événements, à l'échec de la cinquième croisade : après dix-huit mois de siège, les croisés, conduits par les comtes de Bar, de la Marche et de Nevers, les ducs de Bavière et d'Autriche, s étaient emparés de Damiette en 12 19 et avaient entrepris de marcher sur le Caire. Mais la peste réduisit leur armée de moitié, et ils durent, en 1221, évacuer l'Egypte et Damiette, laissant aux mains des Musulmans de nombreux prisonniers. C'est alors que Huon de Saint-Quentin rima la chanson Jherusalem se plaint et, peu après, la Complainte, qui est, comme la chanson, une invective vigoureuse et éloquente contre Rome, contre le légat, contre les prélats qui, pour de l'argent, permettent aux croisés de « se décroiser », contre les décroisés qui reviennent en France, abandonnant leurs compagnons captifs. On nous saura gré de citer ici quelques vers de la Complainte (2) :