‹ Les chansons des petits BretonsChapitre 6 sur 9 · REFRAIN · texte numérisé non relu

REFRAIN

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Moi, pauvre et laid.

Je l’aLmons ben, mais le li di .

Je n’o . se . rais . Mon cœur est las

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De tant de peine, Et Ion ion la , Et Ion Ion lai ne! Cel le que j’aime Ne m’aijme pas. Et Ion Ion

Pauv’ tit

Gâs !

Musique de Th. BOTREL

Pauv’ ’tit Gâsî

Nul ne connut jamais son âge ; Son nom? ma foi, pas davantage; Sa famille? il n’en avait pas:

On l’avait trouvé sur la plage :

Pauv’ ’tit gàs !

Sans tendre mot qui vous cajole.

Sans doux baiser qui vous console, Vêtu de trous du haut en bas 11 poussa comme une herbe folle:

Pauv’ ’tit gàs !

Lorsque la mer était mauvaise 11 chantait, le cœur plus à l’aise, Gîté, malgré vents et frimas, Dans un abri de la falaise :

Pauv’ ’tit gàs !

Dédaignant faucille et charrue.

De bonne heure il fut la recrue D’un capitaine Terneuvas,

Et s’en fut pêcher la morue ; Pauv’ ’tit gàs !

Or, un soir, la vague en furie Fait au vieux brick une avarie Suffisant à le couler bas...

L’eau monte dans la « batterie » :

Pauv’ ’tit gàs !

Et l’enfant s’offre en volontaire Pour porter un « fil » à la terre Que l’on aperçoit... tout là-bas...

Le « va-et-vient » va-t-il se faire ?

Pauv’ ’tit gàs !

Malgré les brisants et l’orage Atteignit la côte à la nage Et mourut, tant il était las... Mais il sauva tout l’Equipage :

Pauv’ ’tit gàs !

Plus que tous nos Héros célèbres 11 fut pleuré, dans les ténèbres.

Par les Marins, disant tout bas En guise d’oraisons funèbres :

« Pauv’ ’tit gàs !

Pauv’ ’tit gàs !!! »

H.^Eyn^oMD.Sc.

Berceuse

Blanche

Musique de Th. BOTREL

Berceuse Blanche

Dormez, enfants, près de vos mères, En vos lits-clos.

Dormez, dormez, dans vos chaumières, Au bruit des Flots !

Le petit Roi, tout comme un homme, Est en prison

Sans avoir, pour bercer son « somme », Une chanson...

Refrain

Dormez ! mes jolis,

Dans vos petits lits !

Dormez ! petits gàs, sans effroi,

Car vous n’ètes pas les fils du Roi !...

Lire Ion la.

Lonla !

Avez-vous faim? Tout plein les huches Y a du pain bis ;

Avez-vous froid? Voici des bûches,

De chauds habits.

Le petit Louis, Fils de la France,

A faim et froid :

Simon se rit de la souffrance Du fils du Roi !

Refrain

Dormez ! mes jolis.

Dans vos petits lits !

Dormez! petits gàs, sans effroi,

Car vous n’ètes pas les fils du Roi !

Lirelonla,

Lonla !

Vos pères, pour venger son Père, Chassent les « Bleus » :

Ils reviendront bientôt, j’espère.

Victorieux.

Afin que tous nos maux finissent.

Enfants jolis,

Prions Dieu pour que refleurissent Les Fleurs de Lys !

Refrain

Priez, mes jolis.

Dans vos petits lits!

Priez, petits gàs, avec moi

Pour le malheureux petit gàs du Roi !

Lirelonla,

Lonla !

Mon Petit Moko

Chanson improvisée à bord du “ BRENNUS en Escadre de la Méditerranée

Musique de Th. BOTREL

Mon Petit Moko'*1

Lorsque, larguant ma Bretagne, Je mis l’cap sur Toulon,

Avant d’partir en campagne J ’fus à la Division Où j’vis, subito,

Le cceur tout en rage,

Que j’avais pour matelot Un drôl’ de personnage :

Un sapré p’tit Moko.

Oh ! Oh !

Qué sapré p ’tit Moko !

Dès que j’avais l’cceur morose ]] s’mettait à chanter;

Lorsque j’voyais tout en rose Il s’mettait à groumer ;

Je pensais ; « C’qui m’faut,

Je l’savais d’avance,

C’est un gâs de Saint-Malo, Et non un gâs d’ Provence...

Un sapré p’tit Moko...

Oh! Oh!

Que sapré p’tit Moko!

Enfin, v'ià qu’on nous embarque, Qu’on bourlingue un bon mois ; Et pis v’ià qu’on nous débarque Dans l’Pays des Chinois.

Mais, sur le bateau,

Puis là-bas, en Chine,

Tout comm’ jadis au Dépôt, J’ons toujours sur l’échine Mon sapré p’tit Moko.

Oh! Oh!

Qué sapré petit Moko!

Un soir, au bout d’une perche J 'avise un pavillon ;

Je rampe à plat ventre et cherche A doubler le bastion.

J’arrivis bentôt Sur la p’tit’ colline;

Je vas pour crocher l’drapeau...

Un’ main l’chope en sourdine ; C’est mon sapré Moko...

Oh ! Oh !

Qué sapré petit Moko !

Furieux, je m’écri’; « Tonnerre!

J ’en aurai ben un bout ! »

« Et zou ! qu’il me dit, péchère !

T’auras l’manche en bambou ! »

— Comme il dit ces mots,

La troupe maudite S’éveille et nous tomb’sur l’dos ; — Numa s’trotte... et j’imite, Pour un’fois, mon Moko!

Oh! Oh!

Qué sapré p’tit Moko!

Mais v’ià qu’par tribord arrière Je r’çois un coup d’flingot...

L’moko, me voyant par terre,

Vir’ de bord aussitôt;

J ’y dis ; Leur drapeau Faut pas leur z’y rendre...

Adieu ! cavale au galop !

j’te défends de m’défendre 1 Entends-tu, pré Moko ?

Oh! Oh!

Qué sapré p’tit Moko!

« Tais-toi, car tu n’es pas drôle,

Qui m’dit! Laisse arriver! »

Et, v’ian ! dessus son épaule Je me sens enlever...

Puis, au petit trot Nous battons en r’traite,

Numa vif comme un biquot...

Moi, pleurant comme un’bète Sur le dos d’mon Moko.

Oh! Oh!

Qué sapré p’tit Moko!

Blessés tous deux, fiers quand même.

Nous rallions le camp,

Ayant reçu le baptême De la poudre et du sang!

C’qui prouv’, matelots D’ Bretagne et d’ Provence,

Que le Breton et l’Moko N ’ont qu’un cœur pour la France ;

Un cœur sous deux tricots...

Oh ! Oh !

C’est kif-kif bourriquot !

Aussi, p’tit mousse et novice Qui s’rez marins bentôt,

Je vous souhaite, au service.

Un Moko pour mat’lot ;

C’est gai sur l’bateau.

C’est brave en campagne,

Pour vous ça risque sa peau !

Viv’nt les marins d’Bretagne Et vivent les Mokos ;

Oh ! Oh !

Vivent les p’tits Mokos!

Allegretto

Lors

que, lar guant majire - ta . gne, Je mis leap sur Tou

n-t-i i i-jy i r-rj^==

- Ion ,

A - vaut d’par .

tir en Gam.pa gaie

** Sc.

J fus a la Di - vi

Et j’vis, su - bi . to, Le cœur tout en rage

Que j’

a.vais pour ma te

sion

al Coda

dernier Couplet ♦

Chœur

drol

Que sa.cré p’tit Mo . ko

a- — lÿ V V~1 - p

c - ko, Oh! Oh - ! Vivent tes bons JVh

Mo kos !

Le Mouchoir rouge de Cholet

Musique de Th. BOTREL

Le Mouchoir rouge de ChoJet

J’avais acheté, pour ta fête,

Trois petits mouchoirs de Cholet,

Rouges comme la cerisette,

Tous les trois, ma mie Annette.

Oh! qu’ils étaient donc joliets Les petits mouchoirs de ChoJet !..

Ils étaient là, dans ma poquette (1)

Dans mon vieux mouchoir blanc... si laid!.. Et chaque nuit, la Guerre faite,

Dans les bois, ma mie Annette,

En rêvant de toi, je rêvais Aux petits mouchoirs de Cholet !

Les a vus Monsieur de Charette ;

Les voulut : je les lui donnai...

11 en mit un dessus sa tête,

Le plus biau, ma mie Annette;

C’était le plus fier des plumets Le petit mouchoir de Cholet !

Fit de l’autre une cordelette Pour pendre son sabre au poignet ;

Fit du troisième une bouclette Sur son cœur, ma mie Annette...

... Et, tout Je jour, les Bleus visaient Le petit mouchoir de Cholet !

Ont visé le cœur de Charette...

... Ont troué... celui qui t’aimait...

Et je vas mourir, ma pauvrette.

Pour mon Roy, ma mie Annette...

Et tu ne recevras jamais T es petits mouchoirs de Cholet !

Mais, qu’est-ce là, dans ma poquette?

C’est mon vieux mouchoir blanc... si laid Je te le donne, pour ta fête,

Plein de sang, ma mie Annette :

Il est si rouge qu’on dirait Un mouchoir rouge de Cholet !

(1) Il désigne la poche intérieure gauche de sa veste.

Le grand Lustukru

(Berceuse de la Côte)

Vieil air chanté par Madame G. COLLIER, recueilli par Th. BOTREL.

Le grand Lustukru

Entendez-vous dans la plaine Ce bruit venant jusqu’à nous?

On dirait un bruit de chaîne Se traînant sur les cailloux :

C’est le grand Lustukru qui passe, Qui repasse et s’en ira.

Emportant dans sa besace Tous les petits gâs Qui ne dorment pas !

Lon lon la,

Lon lon la,

'Lon lon la,

Lire la,

Lon la !

Quelle est cette voix démente Qui traverse nos volets?

Non, ce n’est pas la tourmente Qui joue avec les galets :

C’est le grand Lustukru qui gronde.

Qui gronde... et bientôt rira En ramassant à la ronde T ous les petits gâs Qui ne dorment pas !

Lon lon la,

Lon lon la,

Lon lon la,

Lire la,

Lon la !

Qui donc gémit de la sorte Dans l’enclos, tout près d’ici ?

Faudra-t-il donc que je sorte Pour voir qui soupire ainsi ?

C’est le grand Lustukru qui pleure ; 11 a faim et mangera Crus-tout-vifs, sans pain ni beurre, T ous les petits gâs Qui ne dorment pas !

Lon lon la,

Lon lon la,

Lon lon la,

Lire la,

Lon la !

Qui voulez-vous que je mette Dans le sac au vilain Vieux?...

Mon Dorik et ma Jeannette Viennent de fermer les yeux!

Allez vous-en, méchant homme.

Quérir ailleurs vos repas :

Puisqu’ils font leur petit somme, Non, vous n’aurez pas Mes deux petits gâs !

Lon lon la,

Lon lon la,

Lon lon la,

Lire la,

Lon la !

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