JOUR DE FÊTE
Des larges tonnes éventrées Sort l'éclat de rire divin.
Le buveur chancelle à la table Oui boite fraternellement.
L'ivrogne se sent véritable ; 11 oublie, ô clair firmament,
Tout, la ligne droite, la gène, La loi, le gendarme, l'effroi.
L'ordre; et l'échalas de Surène Raille le poteau de Toctroi.
L'àne broute, vieux philosophe ; L'oreille est longue ; l'âne en rit, Peu troublé d'un excès d'étoffe.
Et content si le pré fleurit.
Les enfants courent par volée.
Clichy montre, honneur aux anciens I Sa grande muraille étoilée Par la mitraille des prussiens.
La charrette roule et cahote; Paris élève au loin sa voix.
Noir chiffonnier qui dans sa hotte Porte le sombre tas des rois.
On voit au loin les cheminées Et les dûmes d'azur voilés; Des filles passent, couronnées De joie et de fleurs, dans les blés.
La l)ataille conimenra.
Cummenl? l'ar un doux sourire, l'.llc nie dit : — Comme ça, Vous ne voulez pas m'écrirc?
— Un billet doux? — Non, des vers,
— Je n'en fais point, répondis-je. — Ainsi parfois de travers
Le dialogue voltige.
Après le sourire vint Un regard, oh! (pi'ellc est fièrel Moi, candidat quinze-vingt, Je nie dis : LUe est rosière.
Kt je me mis à songer A cent vertus, rehaussées Par mes mauvaises pensées D'adolescent en danger.
Je me taisais, cela passe Pour puissance et profondeur.
Son sourire était la grâce, Et son regard la pudeur.
Ce regard et ce sourire M'entraient tians rûnie. .Soudain,