‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 44 sur 79 · LES BONNES INTENTIONS DE ROSA · texte numérisé non relu

LES BONNES INTENTIONS DE ROSA

Ce bonhomme avait les yeux mornes Et, sur son front chargé d'ennui, L'incorrection de deux cornes, Tout à fait visibles chez lui.

Ses vagues prunelles bourrues Reflétaient dans leur blême éclair Le sombre dédale des rues De la grande ville d'enfer.

Son pied fourchu crevait ses chausses; Hors du gouffre il prenait le frais ; Ses dents, certes, n'étaient point fausses, Mais ses regards n'étaient pas vrais.

II venait sur terre, vorace.

Dans ses mains, aux ongles de fer, Il tenait un permis de chasse Signé Dieu, plus bas Lucifer.

C'était Belzébuth, très bon diable.

Je le reconnus sur-le-champ.

Sa grimace irrémédiable

Lui donnait l'air d'un dieu méchant.

ni LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS.

Un môme destin, qui nous pèse, Semble tous deux nous châtier, Car dans l'amour je suis à l'aise Comme lui dans un bénitier.

L'amour, — jaloux, ne vous déplaise, — Ksi un doux gazon d'oasis Fort ressemblant à de la Ijraise Sur laquelle on serait assis.

Une femme! l'exciuisc chose!

Je redeviens un écolier; Je décline Hosa la rose; Je suis amoureux à lier.

Or le diable est une rencontre; Et j'en suis toujours réjoui.

De tous les Pour il est le Contre ; 11 est le Non de tous les Oui.

Le diable est diseur de proverbes.

Il songeait. Son pied mal botte Écrasait dans les hautes herbes La forêt de lleurs de l'été.

L'un prés de l'autre nous passâmes.

— Çà, pcnsai-jc, il est du métier. — Le diable se connait en femmes,

Kn qualité de bijoutier.

Je m'approchai de son altesse, Le chapeau bas; ce carnassier, Calme, me fit la politesse D'un sourire hostile et princier.

Je lui dis : — Que pensez-vous d'elle? Contez-moi ce que vous savez.

— Son désir de t'ùtre fidèle.

Dit-il, est un do mes pavés.

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