‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 51 sur 79 · A UN VISITEUR PARISIEN · texte numérisé non relu

A UN VISITEUR PARISIEN

Où le lys n'est point altesse, Où l'arbre n'est point gibet.

Maintenant, je le l'avoue, Je ne crois qu'au droit divin Du cœur, de l'enfant qui joue, Du franc rire et du bon vin.

Puisque tu me fais visite Sous mon chaume, à Domrémy, A toi le grec, moi le scythe, J'ouvre mon âme à demi...

Pas tout à fait. — La feuilles Doit voiler le carrefour, Et la porte entre-bâillée Convient au timide amour.

J'aime, en ces bois que j'habite.

L'aurore; et j'ai dans mon trou Pour pareil, le cénobite, Pour contraire, le hibou.

Une femme me fascine :

Comme Properce, j'entends Une flûte tibicine Dans les branches du printemps.

J'ai pour jeu la poésie ; J'ai pour torture un minois, Vieux style, et la jalousie.

Ce casse-tête chinois.

Je suis fou d'une charmeuse De Paris venue ici, Dont les saules de la Meuse Sont tous amoureux aussi.

Je l'ai suivie en Sologne, Je la suis à Vaucouleurs.

Mon C(pur rit, ma raison grogne, £t me voilà dans les fleurs.

Je l'ai nommée Euryantlie.

J'en perds l'àme et l'apprlit.

Circonstance atténuante :

Elle a le pied très petit.

Plains-moi. Telle est ma blessure.

Cela dit, amusons-nous.

Oublions tout, la censure, Rome, et l'abbé Frayssinous.

Cours les bals, danse aux kermesses.

Les filles ont do la foi ; Fais-toi tenir les promesses Qu'elles m'ont faites à moi.

Ris, savoure, aime, déguste.

Et, libres, narguons un peu Le roi, ce faux noz auguste Que le prêtre met à Dieu.

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