‹ Les chansons des trains et des garesChapitre 32 sur 63 · LE VISITEUR · texte numérisé non relu

LE VISITEUR

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Et il continue sa besogne,

Toc, toc, toujours, cogne et recogne,

N'ayant d'autre désir, peut-être,

Que de connaître,

Et que d'émettre.

Homme épris d'étranges musiques,

La gamme des freins des wagons.

Toc, toc, toc, comme les clowns font.

Martelant des harmonicas de leur faç< n,

Comme les clowns font dans les cirques

BAGAGES

Bout-cK bout-là, ou bien en pile,

(Fragile !)

Dans le fourgon on les empile,

Valises

Recouvertes de toile grise,

Chapelières, paniers d'osier.

Dont d'Hozier

Reconnaîtrait et saluerait les initiales,

Mais qu'ignorent les employés,

Qui ne sont pas monsieur Crozier,

Et qui, voyant sur une malle

58 BAGAGES

S'en ficheraient comme de nèfles ; —

Ouste ! cantines d'officier ;

Malles rurales,

Dont le bois blanc s'orne de poils;

Étuis, où l'on met ces chapeaux /

Que l'on compare à des tuyaux

De poêle ;

Plates, mais innombrables caisses

Des représentants de commerce,

Et de noire gaîté française ; —

Sans précautions inutiles,

Au fourgon en pile s'empilent,

(Fragile !) —

On s'installe du mieux qu'on peut; Pourfaire ensemble un long voyage, II faut bien s'entr'aider un peu, (Qu'importe la roture ou qu'on ait le sang bleu !) Entre bagages...

D'ailleurs, tous sont bien vite unis Dons un commun sentiment de mépris

BAGAGES

Pour une pauvre bicycleUe

Qu'ils voient dans un coin, et lui jettenî

D'ironiques regards, l'accablent de lazzii :

— IIou ! madame la Bicyclette,

IIou ! hou !

Que vous nous faites de la peine î

Vraiment, si nous avions des rouc3

Comme vous,

Nous aurions honte qu'on nous trahie î —

Et sournoisement chacun use

De ruse

Pour venir bousculer l'intruse :

Trop heureux s'ils pouvaient briser à la pauvrclte, Par hasard, un rayon ou deux, Ou, ce qui vaudrait mieux, Son pneu,

Afin de lui bien mettre en tête

Que les trains ne sont pas faits pour les bicycleUes,

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