‹ Les chansons des trains et des garesChapitre 9 sur 63 · LE TUNNEL · texte numérisé non relu

LE TUNNEL

Leur défendirent se voir,

— Touinez, Toinon, Tony, — tunnel ! —

Leur défendirent se voir, Ce qui fit leur désespoir,

Mais pour le joli péché,

— Tournez, Toinon, Tony, — tunnel î -

Mais pour le joli péché, Au tunnel se sont cachés.

Quand un train, passant près d'eux,

— Tournez, Toinon, Tony, — tunnel ! —

Quand un train, passant près d'eux Coupa l'amoureuse en deux.

Le pauvre Tony pleura,

— Tournez, Toinon, Tony, — tunnel ! — »

Le pauvre Tony pleura.

Mais il avait de bons bras ;

Et de Toinon, tristement,

— Tournez, Toinon, Tony, — tunnel ! — •

Et de Toinon, tristement^ Rapporta les deux fragments.

LE TUNNKL 11

Sous le? tunnels, comme quoi, — Tournez, Toinon, Tony, — tunnel ! — Sous les tunnels, comme quoi On part deux, on revient trois.

Voilà, petites demoiselles y Voilà la ronde des tunnels.

[Les enfants tournent deux à deux, en se tenant par la main, les uns derrièie les autres; au mot iunnel, chaque couple, s'arrêtant de tourner, lî've les bras en Tair, de façon à former une sorte de pont, sous lequel passe le dernier couple en traînant les pieds et en imitant le bruit de la locomotive. Au huitième couplet, tous les enfants se couchent par terre. 1

Dans le jardin du garde-barrière, —

Jardin qui n'est

Qu'un jardinet,

Où de parties de tennis et de croquet

Difficilement se pourraient faire :

{Mais ce ne sont pas là des jeux de garde-barrière)

Dans le petit jardin du garde-barrière,

Poussent des pois^ des carottes, et des navels,

Et,

Et autres plantes potagères.

Quelle satisfaction, le soir :

Le train passé s'enfuit et fume...

Pour la bonne soupe que parfument Des choux à soi, d'autochtones légumes, Hardi, hardi l'arrosoir !...

Et la famille tout entière

Interroge, Tœil anxieux, la cloche de verre,

Où, majestueux, se prépare,

— Problème, espoir, — le melon, dont

On projette de faire don,

Très diplomatiquement, au chefdegaro.

Et puis, et puis,

Il y a aussi le petit coin bordé de buin>

Où sont les fleurs :

itdmirez les jolies pensées.

Pieusement et copieusement arrosées,

Avec ardeur, le cœur rêveur.

Parla fille aînée, fiancée

Au jeune et vaillant aiguilleur...

C'est là que les grands tournesols,

rtongés d'une ambition folle,

Regardent, jaunes de dépit,

La gare, dont les feux, la-bas, brillent dans la nuil>

Et les attristent, —

Eux qu'éternellement poursuit,

(Bisque î... bisque !...)

Cette idée fixe :

Etre un disque ! —

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