LA PROMENEUSE
Dans les bois, ô promeneuse A rreîi noir, riant et doux,'
A quoi pensezrvous’, rêveuse,
A quoi pensez-vous?.
Dans les bois, êt ri’ayarrt crainte Ni des bergers ni des loups,
A. quoi pensez-vous, sans feinte, A quoi pensez-vous?
Lorsque les forêts profondes,
• Comme la mer en courroux,
Sous le vent roulent leurs ondes,
A quoi pensez-vous?
Est-ce à leur cime orageuse,
Est-ce â leur calme au-dessous, Que vous pensez-là, songeuse?
A quoi pensez-vous?
Ou peut-être faut-il dire' ■(Pardonne? mes propos fous),
Non pas « à quoi, mais, sans rire,
« A qui » pensez-vous ? ■ *
— Dans les bois je me promène.
C’est mon goût, cliacun le. sien ; Mais ici rien ne m’amène,
• Je ne pense à rien.
« A qui?... » je vous complimente, Comme vous devinez bien !
Donc, que l’un ou l’autre mente.
Nous n’en savons rien.
Et pourtant, s’il faut vous dire (Mais cela bien entre nous)
A qui je pense sans rire.
Ce' n’est pas à vous.