‹ Les chansons joyeusesChapitre 24 sur 64 · QUE JE N'AI JAMAIS VUE · texte numérisé non relu

QUE JE N'AI JAMAIS VUE

Dame dont la blanche main Rime d'or avec jasmin, Une muse vagabonde Vous salue ; à voyager En un pays étranger Pourtant le péril abonde.

Car le sentier de mes vers Peut aller tout de travers ;

Invoquerai-je la lune,

Ou le rayonnant soleil '!

Un teint pâle, un teint vermeil?

Vous ferai-je blonde ou brune'/

Ne sachant trop que louer, 11 nie faut doue avouer Qu'en eetye chance incertaine J'aime cheveux blonds ou noirs, Charme des jours ou des soirs..

Et quand vous seriez châtaine?

Moi, j'adore des cheveux Pleins de soleil, et je veux Dire qu'une tète blonde A la grâce d'Apollon, Lorsque le dieu jeune et blond Va baigner son Iront dans l'onde

Et j'adore aussi de bruns Cheveux aux puissants parfums.

Dont les superbes torsades Sont pareilles à la nuit, Et traîtreusement, sans bruit, Éveillent les sérénades.

Et j'aime encor le châtain ; Tel, devant qu'il soit matin, On quand la nuit est prochaine, On peut voir le firmament Douteux flotter vaguement Entre l'or pâle et l'ébène.

Aussi, de toutes façons Je vous aime, et mes chanson?, Comme sveltes demoiselles, Vont vers d'inconnus amours A vos pieds, dans le velours, Doucement battre des ailes.

LES CHAHSOHS JOYEUSES. 181

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