LA BLESSURE
A A S T 0 X Y VALABREGl'E
Vite, une boucle de cheveux Pleine de parfums lourds et mièvres ; Je te quitterai, si tu veux, Mais laisse-moi baiser tes lèvres.
DiSj nous nous sommes bien aimés — Et longtemps... plus d'une semaine!
De nos souvenirs exhumés, Oh ! qu'il sOrt de poussière humaine !
Hélas! hélas! ton cœur se fend, Tes yeux sont rouges : pleure, pleure!
Toi, tu peux pleurer, pauvre enfant, Puisque tu riras dans une heure.
Le vent m'emporte, et je m'en vais.
Où donc vais-je? Qui peut le dire!
Tu ne dois plus, aux jours mauvais, M'égayer avec ton sourire.
Un baiser sur tes cheveux blonds, Un dernier baiser, ma chérie ; Un dernier, dernier mot, allons, Pour que cet adieu me sourie!
.le tâcherai de t'oublier Et de ne point te reconnaître, Si, comme un joyeux écolier, Je passe un jour sous ta fenêtre.
Mes rêves d'amour sous ton toit Ne viendront plus battre des ailes, Et tu ne prendras plus du doigt Ces printanières demoiselles.
Je chercherai par les chemins Des fleurs de mai mieux parfumées ; J'aurai, pour leur baiser les mains, Des amoureuses mieux aimées.
Et demain, sous le ciel vermeil, Si ma jeunesse est encor verte, Je tendrai mon cœur au soleil Pour en remplir ma plaie ouverte !
IIS CHANSONS JOYEUSES. 2bl
A LÉON TANZI