‹ Les chansons joyeuses: poésiesChapitre 25 sur 65 · QUE JE N'AI JAMAIS VUE · texte numérisé non relu

QUE JE N'AI JAMAIS VUE

Dame dont la blanche main Rime d'or avec jasmin, Une muse vagabonde Vous salue ; à voyager En un pays étranger Pourtant le péril abonde.

Car le sentier de mes vers Peut aller tout de travers ;

Iiivoquerai-je la lune,

Ou le rayonnant soleil ?

Un teint pâle, un teint vermeil ?

Vous ferai-je blonde ou brune ?

Ne sachant trop que louer, 11 me faut donc avouer Qu'en cette chance incertaine J'aime cheveux blonds ou noirs, Charme des jours ou des soirs...

Et quand vous seriez châtaine ?

Moi, j'adore des cheveux Pleins de soleil, et je veux Dire qu'une tête blonde A la grâce d'Apollon, Lorsque le dieu jeune et blond Va baigner son front dans l'onde.

Et j'adore aussi de bruns Cheveux aux puissants parfums.

Dont les superbes torsades Sont pareilles à la nuit. Et traîtreusement, sans bruit, Eveillent les sérénades.

Et j'aime encor le châtain ; Tel, devant qu'il soit matin, Ou quand la nuit est prochaine.

On peut voir le firmament Douteux flotter vaguement Entre l'or pâle et l'ébène.

Aussi, de toutes façons Je vous aime, et mes chansons, Comme sveltes demoiselles.

Vont vers d'inconnus amours A vos pieds, dans le velours.

Doucement battre des ailes.

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