TABULA RASA
Elle dit que je suis fort laid, la tête rase, Avec mon air naïf de bambin de dix ans ; Et son cruel sourire et ses yeux médisants Sont devant ma laideur demeurés en extase.
Et je lui dis, à Theure où sans souci Ton jase, Que tous les amoureux, courbés et gémissants, De rejeter bien loin tout honneur ont le sens, Étant de pauvres serfs que le mépris écrase.
Et nous jouons avec ses beaux cheveux, si longs Que, dans leur épaisseur, leurs flots lustrés et blonds SufSraient à noyer mon cœur et ma poitrine.
La chère aimée en a bien assez pour nous deux! Et moi, je sens passer, comme un frisson soyeux, Sur mon crâne tondu sa petite main fine.