‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 83 sur 156 · LA FLEUR NOYÉE · texte numérisé non relu

LA FLEUR NOYÉE

Eh bien ! la fleur des vertes cimes, Que j'ai cueillie en son jardin , Jardin penchant sur les abimes , Est-elle morte, morte enfin?

Elle vous plut (sa destinée Etait d'avoir un doux trépas) Elle vous plut une journée :

Ne riez pas.

Nous YOgiûoDS sur vaut eau si belle , Par un* jour d'azur et de feu.

Pauvre fl^u* I vous pritea soin d'elle , Mais m la maltteDant un peu* Lorsqu'elle tournait avec grâce Au bout de vos doigta délicats , Elle rêvait tme autre ptace :

Ne riez pas.

Vous la faisiez courir sur Tonde , Le long du bateau qui fuyait :

On eût dit l'aile bleue et ronde D'un papillon qui se noyait. 0 douce vague soupirante !

Etait-ce donc la seule , hélas !

Qui pût bercer la fleur mourante ?

Ne riez pas.

. f KMf'j ■* '

DORMEZ-VODS?

Dormez- vous , fleurs de la colline?

Vos yeux blevs vontHils se pencher?

Donnez- vous, fontaine argeoline , Dans la mousse , au pied duirodier ?

Dormez-vous, papillons doni l'^le, En passant , jette une étinceUe?

Faut-il parier bas?

Dormez- vous ? —r- Non , je ne dors pas.

Dormez-vous , dans les hautes herbes , Alouette et grillon jaseurs ?

Dormez-vous , sur les pins superbes , Vieux milans, éperviers chasseurs? Dormez-vous , aquilons sauvages , Laissez-vous dormir les nuages?

Faut-il parler bas ?

Dormez-vous? — Non, je ne dors pas.

Dormez- vous , étoiles heureuses ,

Tout dort-il dans yos palais d'or?

Dormez-vous , ouibres vaporeuses , Gomme nous révez-vous encor?

Et malgré ma chanson nouvelle , Vous aussi , donnez- vous, ma belle?

Faut-il parler bas?

Dormez-vous? — Non , je ne dors pas.

Dormez-vous, dou yeux de gazelle?...

Dans mon cœur il n'est donc plus jour. Sous vos eiis, coname sous son aile Dort Toiseau , dormez-vous d'amour ?

Dormez- vous, ou, si je hasarde Un coup-d'ifiil , iaites-vous la garde ,

Vous mo4{uant tout bas?

Dormez-vous? — Non , je ne dors pas.

ME CROIRAS^TB t

Ne me crois pas quand je t'assure Qu'il n'est qu'une belle à mes yeux ;

Ne me crois pas quand je te jure Que dans les tiens je vois les cieux ; Mais si je dis Fadieu suprême A cet amour trop combattu , Où réeho seul me plaint et m'aime , Me croiras-tu?

Ne me crois pas lorsque j'admire Ces traits çharmans , tant de beauté , Et tant de ^àce au doux sourire, Bien qu'unie à tant de forte.

Mais si je venais à prétendne Qu'on n'çst point, belle, esH^t entendu?

Sans être bonne , et méfne tendre , Me croiras-tu?

Ne me crois pas quand , re(bulées , Mes larmes tombent dans mon cœur ; Ne me crois pas quand , dévoilées , Ton œil n'en est que plus.ipoqueur !

Ne me, crpis pas ! mais si ma vie , Comme un oiseau qui s'est perdu , N'a pl^s d'e3Sor, tombe et dévie , Me croiras-tu?

Mr

vrr

L'OISEAC m MAI

Je chante et je babille ; Tout me semble si gai :

Jeune oiseau , jeune fille , Je suis l*Oiseau de mai.

Vous avez beau le dire :

Je soupîref , c*est vrai ; Mais comme l'eau soupire , Cohmie TOisèati de mai.

Dans les prés , sur la rive , Venez ! nous serons deux ; Je ne suis point craintive , Venez! car je le veux.

Au bord du bois sévère , Pour mes 'boucles de' jay, Voyez la primevère. . .

Je suis roiseau de mai.

">•'»» Il t

Si pourtant , quand on aime , On est tranquille , heureux ;

Si l'on reste ie même, Toujours bien amoureux ; Si jamais , froid et sombre , On ne dit : Je m'en vai ; Si Ton s'aime dans Tombre..

Je suis l'Oiseau de mai.

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