DE LA MONTAGNE A LA PLAINE
CHANSON DIALOGUEE
Sur le vieil air : Cent foi» dan» la forêt, j'ai ehas9é san» rien prendre.
-Je m'en vais, je m'en vais dans les hautes montagnes ! Mais , si tu m'accompagnes , Nul sentier n'est mauvais.
Je m'en vais , je m'en vais !
-Par deux anneaux d'amour, je demeure enchaînée, Et ma route est bornée A la moitié d'un jour Par deux anneaux d'amour.
- Et quels anneaux d'amour, et quelle forte chaîne T'enlacent dans la plaine ,
Au pied du haut séjour.
Et quels anneaux d'amour?
— Ghers et doux enfançons! l'un encormarcheà peine : Voilà , plus forts qu'un chêne , Mes anneaux, mes chaînons.
Chers et doux enfançons !
— Sous l'œil ardent du jour, par les gazons rapides,
Par les gorges arides , Je monte sur la Tour* , Sous l'œil ardent du jour.
— ^Dormez, enfans! dormez! Dormez, la chambre estsombre Et je veille dans l'ombre Sur vous , mes bien-aimés.
Dormez, enfans! dormez.
— Chantant son chant d'amour, l'oiseau de la montagne Sautille et m'accompagne De détour en détour, Chantant son chant d'amour.
— Enfans ! oiseaux chéris ! votre bouche naïve
Suit ma chanson plaintive ;
' Certaines cimes, dans les Alpes, portent le nom de tour.
C'est moi qui vous l'appris, Enfans , oiseaux chéris !
Cent fois dans la forêt, cent fois je t'ai nommée. L'écho , sous la ramée , Avec moi soupirait , Cent fois dans la forêt.
Forêt où je le voi ! tends- moi ton noir branchage. Près de lui , sous l'ombrage , Près de lui porte-moi !
Forêt où je le voi.
Planant du haut des airs je guette en bas ma joie; Et l'aigle aussi sa proie , Parmi les rocs déserts , Planant du haut des airs.
Bel Aigle, enlève-moi! mon bien-aimé m'appelle. Oh ! je veux sur ton aile M'envoler avec toi :
Bel Aigle , enlève-moi !
Au bord du lac Nervau j'ai vu la fleur cachée , Et la forêt penchée , Et le couchant si beau Au bord du lac Nervau.