‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 88 sur 156 · DE LA MONTAGNE A LA PLAINE · texte numérisé non relu

DE LA MONTAGNE A LA PLAINE

CHANSON DIALOGUEE

Sur le vieil air : Cent foi» dan» la forêt, j'ai ehas9é san» rien prendre.

-Je m'en vais, je m'en vais dans les hautes montagnes ! Mais , si tu m'accompagnes , Nul sentier n'est mauvais.

Je m'en vais , je m'en vais !

-Par deux anneaux d'amour, je demeure enchaînée, Et ma route est bornée A la moitié d'un jour Par deux anneaux d'amour.

- Et quels anneaux d'amour, et quelle forte chaîne T'enlacent dans la plaine ,

Au pied du haut séjour.

Et quels anneaux d'amour?

— Ghers et doux enfançons! l'un encormarcheà peine : Voilà , plus forts qu'un chêne , Mes anneaux, mes chaînons.

Chers et doux enfançons !

— Sous l'œil ardent du jour, par les gazons rapides,

Par les gorges arides , Je monte sur la Tour* , Sous l'œil ardent du jour.

— ^Dormez, enfans! dormez! Dormez, la chambre estsombre Et je veille dans l'ombre Sur vous , mes bien-aimés.

Dormez, enfans! dormez.

— Chantant son chant d'amour, l'oiseau de la montagne Sautille et m'accompagne De détour en détour, Chantant son chant d'amour.

— Enfans ! oiseaux chéris ! votre bouche naïve

Suit ma chanson plaintive ;

' Certaines cimes, dans les Alpes, portent le nom de tour.

C'est moi qui vous l'appris, Enfans , oiseaux chéris !

Cent fois dans la forêt, cent fois je t'ai nommée. L'écho , sous la ramée , Avec moi soupirait , Cent fois dans la forêt.

Forêt où je le voi ! tends- moi ton noir branchage. Près de lui , sous l'ombrage , Près de lui porte-moi !

Forêt où je le voi.

Planant du haut des airs je guette en bas ma joie; Et l'aigle aussi sa proie , Parmi les rocs déserts , Planant du haut des airs.

Bel Aigle, enlève-moi! mon bien-aimé m'appelle. Oh ! je veux sur ton aile M'envoler avec toi :

Bel Aigle , enlève-moi !

Au bord du lac Nervau j'ai vu la fleur cachée , Et la forêt penchée , Et le couchant si beau Au bord du lac Nervau.

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