‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 74 sur 128 · Chanson sur la mort · texte numérisé non relu

Chanson sur la mort

Réveillez-vous, gens qui dormez, Et priez pour les trépassés; Comment pouvez-vous tant dormir.

Peut-être (à) demain vous faut [-il]

Si vous avez quelque ennemi, Tachez de pardonner en hti [à lui| Le pater noster vous apprend De pardonner entièrement.

Si vous avez de bien d'autrui, Tâchez de le rendre aujourd'hui ; Si vous tardez, vous avez tort, Peut-être (à) demain (vous) serez morts.

Il n'a pas de meilleur secret Que de se tenir toujours prêt.

Et quand il vient le jugement [C'est] Se bien souvent qu'il nous sur- [ prend.

Dans la vallée de Josaphat, Il n'a ni roi, ni avocat.

Il n'a ni prince, ni baron Chacun répondra pour son nom.

Chansonnier Alexandre Savioz, Vissoie (Valais).

* Télescopage avec la strophe 20 [T).

Chanson sur le ravage de la Peste.

Que vo[s](tre) cœurs s'attendrissent

D'entendre ce récit:

Dedans la ftasse Autriche,

Et bien d'autres pays,

Là vu ou voit

Bien de moment

A la fois au rang des moments (?)

Hélas, quel triste état!

Des vaisseaux, je proteste, Venant de l'Orient, Ont apporté la peste Quel triste événement ! Triste moment Pour [tous] ses habitants.

Dans ce pajs Tout le monde pères (?) [périt]

[Des] Milliers de personnes Que l'on voit tous les jours.

Même dans la Pologne, Chacun [meurt] k tour.

De ce fléau Envoyé du Très-Haut ; S'en vont mourants [Sans] (Bans) le Saint-Sacrement.

Dedans la Volachie [Valachie] Dans si mémemenf.

Et dans la Croatie Tout le pays dolent.

Tant de Chrétiens Qui meurent [sans soutien] En ses parlants.

Des comtes et des comtesses,

Des prêtres disant la messe.

Meurent sans rémission.

Au même instant Tombent subitement [Et] les régens Enseignant leurs enfants.

L'enfant pleure son père,

La mère son enfant,

La sœur pleure son frère.

Les parents ses parents.

Dieu de bonté.

Daignez nous écoute,

Préservez-nous

De ce funeste coup.

De notre grand wonarque.

Admirons sa. bonté; Il nous donne des marques D'une vraie amitié.

[Et] préservez Son peuple du danger.

Prions sans fin Pour tous nos souverains.

Dans les bourgs et villages, Des bourgeois et marchands En faisant leur voyage Tombent morts sur le champ.

Aussi une . . .

Mewt sans confession Hélas, Seigneur, Pardonnez aux pécheurs !

C'était bien inutile, Toutes les précautions ; Dieu envoya pour nos crimes Cette punition.

Dans nos péchés.

Le Seigneur irrité, Nous l'offensons Malgré qu'il est si bon.

A la toute puissance Demandons le pardon De toutes nos offenses A Jésus-Christ (qui est) si bon, Et de vouloir.

Un jour . . .

Nous recevoir Dedans les deux

Au séjour des (bien)heureux.

Chansonnier Jean-François Bdobban, 1854, Beuson (Valais).

I Complainte sur le tremblement de terre de Lisbonne, le 1er novembre 1755.1

La Toussaint

Accourez, peuple fiilèle,

Pour entendre réciter

La plus pure vérité.

La chose est sûre et certaine

[Car] En toute vérité

(La chose arrive)

Il n'y a ])oint (île doute) fà en douter]

Le roi venant de Berlin ' [En] Fut très épouvanté, Il est certdw,

De voir le feu dans la ville, Que tous les habitaiis dedans Furent engloutis à l'instant.

Le premier jour de novembre A neuf heures du matin, Le beau jour de la Toussaint Qui est très beau et (très) remar- Les malheurs sont arrivés [quable Dont on est bien apure [apeuré ?]

Au milieu d'une campagne Trois jours [et] trois nuits, le roi Reste sans boire ni manger (En) voyant (une) chose si cruelle.

Désolé, (et en) pleur(ant)[e] [et gémit] (N'a gémi) De voir la ville (tout) périr.

Un tremblement si terrible Met tout eu mouvement ; Les bourgeois et les habitaiis Cou(ru)rent par toute la ville [Et] La terre s'entr'ouvrit, Elle les a tous engloutis.

Plus de six cent mille âmes A cet engloutissement.

Tant de petits que de grands Tant des hommes que des femmes, Autant de petits enfants Qui sont engloutis dedans.

On n'entend [plus] que des plaintes Des pleurs et des gémissemens.

Prions le Sauveur tout puissant, Dieu et sa très sainte mère, D'apaiser son [grand] courroux, Qu'il est rude contre nous!

Chiinsonnier Jean-Fkançois Boorban, 1854, Beuson (Valais).

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