‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romandeChapitre 105 sur 128 · I. Jura Modérât) A. La Femme aux deux ]\laris · texte numérisé non relu

I. Jura Modérât) A. La Femme aux deux ]\laris

1. Ra - con - tons l'a - ven - tu - re, cell" du jeune é - co - lier:

Au des - sein de son pè - re l'a vou - lu s'en-ga-ger

(.'omiir n"r-t;iiit pas de tail - le, chez lui on

('i'i> - yaiit d'ê - tre tran-quille et de vivre en sur' - ti

Ses ('tudes finies a vouin s'marier;

A une jeune fille il va s'y présenter.

Le lendemain des noces, il vient un mandement

Qu'il faut prendre les armes et joindr' son régiment.

(his.

— M'eussiez-vous dit que vous vous étiez engagé, Ah! notre mariage nous l'aurions retardé. Ma mère ou votre père vous aurait racheté Ah! my voilà qui vive, comment m'y r'cnnsoler'?

La voyant fondre en larmes, lui dit en soupirant: — Ah! l'on dit que la guerre ne dur'ra pas longtemps Il faut prendre les armes, acquérir de l'honneur; Pour soutenir la France, accourons de grand cœur.

Cette joli' campagne a hien duré sept ans.

Sans envoyer nouvelles à (sa) femm' ni à (ses) parents.

Au bout de la septième, il revient au pays,

Mais le jour qu'il arrive sa femme s'y remari'.

(i Comme sa helle-mère tenait hùtelleri", (S'en) va frapper à la porte au milieu de la nuit : (S'en) va frapper a la porte d'une voix distingué', D'une belle manière, tout comme un étranger.

— Bonsoir, dame l'hôtesse, voudriez (vous) pas m'y loger'

— Mon pauvre militaire, nous n'pouvons pas loger. Ma fiU' s'y remarie, nous somm's embarrassés.

Car touf's les gens des noces chez nous doivent loger.

— Avez-vous répugnance d'avoir de mon argent'/ Un coin de votre table m'y serait suffisant. Ne pouvant s'en défaire, lui dit: — Monsieur, entrez : Avec nos gens de noces ce soir vous souperez.

Tout le long du repas l'on fut tranquillement

En divisant (devisant) les choses, du siège et du i-ombat.

Ayant tout divisé, ayant tout distingué,

L'on fit battre la caisse, et tout 1' mond' fut charmé.

— Ne connaissez-vous pas Josèphe le ConstantV Il y a bien sept années qu'il est au régiment.

Où sont les anneaux d'or, les bijoux, les diamants

Que j' vous avais donnés pour gage (en) vous épousant!" «

D'avec sou beau visage, les yeux tout empleurés, Eli' sortit de la table, elle fut l'embrasser; Des soupirs de sa bouche lui dit: — Mou cher ami, Ah! m'y voilà ce soir femme-z-à deux maris!

J'ai reçu bien des lettres que je peux vous i)rouver Que dedans un combat vous étiez décédé. J'ai fait dir' des prières, le deuile j'ai porté, J'ai fait dire des messes à des prêtr's approuvés.

Messieurs du parlement aui'ont bientôt jugé (^u'on redonne la femme au premier marié. Qu'on redonne les gages au pauvre infortuné; Qu'il en cherche ] une autre, il est en liberté I

— Sur moi prenez exemple, garrons à marier. Tournez le dos aux veuves, craint' d'y être attrapés; Car il y a tant de filles qui sont à marier. Contentez-les, Messieurs, content's vous les aurez.

Chantée par Mme Catherine Joliat, charron, née en 1858, Courtételle [Chanson de son père]. — Chans. de Sœur Froidevaux, religieuse, aux Breuleux; 1901, Joseph Ribeaud, Cœuve.

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