FRANCESCA. NOH
NOÉMI. Et pas de nouvelles?
FRANCESCA. Pas de nouvelles ; impossible même de savoir s'il m'en a fait parvenir... car, tu le sais, après sou départ, je dus quitter le village où il m'avait connue ; ceux qui avjiient pris soin de mon enfance voulaient me contraindre à un mariage qui m'eût pour toujours séparée de lui, et j'ai tout abandonné pour rester fidèle à celui qui a reçu mes serments.
NOÉMI. Je me reconnais là; si l'on voulait me séparer d<' Bénédit, j'abandonnerais tout aussi.
FRANCESCA. Bénédit! tu es bien sûre de le retrouver toujours! mais lui, le reverrai-jo jamais?
NOÉMI. Aussi pourquoi diable vas-tu t'a viser d'aimer un inconnu?
FRANCESCA. Et comment ne pas l'aimer ?
il est le seul qui m'ait parlé de mon père dont je n'ai jamais su le nom, et qui mourut sans m'avoir embrassée... Car je suis orpheline comme toi, Noémi ; tout est mystère dans ma destinée... Ces secours qu'on adressait pour moi à ceux qui m'ont élpvée, j'ignore qui les envoyait ; mais que leur arrivée me causait de joie ! ils rendaient moins cruels envers moi mes soi-disant protecteurs, et toujours, c'était l'annonce d'une heureuse visite; car le jour même, je le revoyais, lui, mon seul ami !
NOÉMI. Il est bien oublieux, ton seul ami. Il part un jour en te disant : Attends-moi, je reviendrai bientôt... et depuis, tu n'as plus entendu parler de lui.
FRANCESCA. Une année d'écoulée déjà!...
Non, je n'ai plus d'espoir.
NOÉMI. Pauvre Francesca !... Oh! c'est égal! je l'ai mis dans ma lôie, tu seras heureuse aussi... Je le découvrirai, celui que tu aimes ; il a sans doute perdu tes traces;.compie i sur moi, je le remettrai dans le bon chemin. ;
Les Lingères sortent du magasin. '
UNE LiNGÈRE. Oui , c'est une bonne idée. . . ] Al!ons-y tout de suite.
FRANCESCA. OÙ donC?
LA LINGÈRE. Prévenir monsieur Bénédit j
qui est là sous les premiers arbres de la pro- |
menade. I
NOÉMI, regardant à gauche. C'est irai, ' le voilà entouré de spectateurs. Non, nîstcz,
mesdemoiselles; je vais m'annoncer moi- ;
même. |
Elle va regarder au fond, redescend la scène et prélude ] sur son tambour de basque. Francesca et les Lingèie> ! se groupent autour d'elle.