‹ Les chants de l'Église latineChapitre 17 sur 78 · CHANTS RESTITUÉS · texte numérisé non relu

CHANTS RESTITUÉS

LE GRAND DRAME

Quand les dogmes chrétiens se manifestèrent dans l’est de la Méditerranée, la société gréco-romaine était déjà en pleine décadence.

Elle reposait sur l’esclavage, institution que n’excusait aucune différence dans les races. L’inégalité des richesses, déjà grande au temps d’Aristophane, était devenue effroyable au temps d’Auguste. Chacun courant à la fortune et au pouvoir, le seul principe de conduite auquel on obéissait était l’égoïsme. La pitoyable morale du traité des Devoirs de Cicéron en est la preuve.

Le bien que l’on faisait avait pour but, non de soulager un homme des fardeaux de la vie, mais de se faire un client. Audessous de la classe servile des clients, pullulait dans tout

l'Empire romain lagent confuse des esclaves, des pauvres et des familles ruinées. De moralité, aucune ; d'enseignement moral, nulle trace.

L’institution de l’Empire ne sauva rien : le prince était grand prêtre d’une religion officielle sans action sur les mœurs et de dieux auxquels on ne croyait plus. La société croulait de toute part ; depuis trois siècles et plus, elle appelait un sauveur ; elle donnait ce titre, tantôt à des divinités déchues, tantôt à des rois.

Cet état de choses était l’annonce et la préparation du christianisme.

Voici quatre chants, dont les deux premiers se disent en grec ; le troisième est un appel au Seigneur des armées pour le salut ; le quatrième est une invocation au Sauveur qui doit venir et qui, dans Zacharie, est appelé Orient.

C’est le prologue du drame qui va bientôt se dérouler.

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