LIBRAIRIE LAROUSSE
Rue Montparnasse, 15, 17, 19
Succursale : rue des Écoles, 58 (Sorbonne).
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Cet ouvrage n’est pas, à proprement parler, un Cours de musique « Destiné à être mis entre les mains des commençants, il est composé de manière à leur être vraiment accessible.
La plupart des ouvrages élémentaires semblent être faits bien plutôt pour le professeur que pour l’élève, et l’auteur s’y décharge sur le maître du soin d’expliquer les choses que l’enfant ne comprend pas. Cette méthode, avantageuse et agréable pour l’auteur, n’a malheureusement rien de pédagogique. Elle dénote un médiocre souci de cette règle fondamentale, à savoir qu’un livre d’enseignement doit contenir tout ce que le public auquel il s’adresse peut comprendre, mais rien de plus. *
Nous nous sommes donc posé préalablement la question suivante : Quelles notions musicales un débutant est-il capable de saisir et de s’assimiler ? Après avoir pour ainsi dire passé au crible les principes du solfège, nous n’en avons retenu qu’un très petit nombre et nous avons rejeté sans hésiter ceux dont l’intelligence exige une trop longue tension d’esprit, ceux qui ne frappent pas l’élève par leur simplicité même. Puis, ayant sans cesse présentes à la mémoire les règles que nous avions choisies, nous en avons montré l’application dans les divers morceaux réunis sous le nom de Chants de l’Enfance.
Mais ce n’était là qu’une partie de notre tâche. 11 ne nous suffisait pas d’avoir proportionné notre travail aux facultés de nos lecteurs : il nous fallait encore le présenter sous une forme aussi claire, aussi attrayante que possible et dissimuler ce que les notions les plus simples peuvent avoir d’aridité. C’est aux fables de La Fontaine, aux contes, au répertoire patriotique, etc., que nous avons emprunté de préférence les sujets de nos Chants. Ces sujets sont très variés : ils comportent des canons , des marches, des romances , des rondes , des ballades, des barcarolles , des chansonnettes , la plupart écrites en duos, beaucoup disposées pour être chantées en chœurs. En tête des changements de mesures ou de ton, quelques courts exercices, précédant les chants, familiarisent l’élève avec les difficultés qu’il rencontre. La théorie n’est présentée dans ce petit livre que par des notions tout à fait indispensables et primordiales, car nous avons acquis par notre propre expérience la conviction que la pratique est beaucoup plus efficace, pour le débutant, que la théorie pure.
Au moment de composer ce livre, nous avons eu l’idée de faire appel à la collaboration des Membres de l’Enseignement : notre appel a été entendu et nos nombreux correspondants voudront bien recevoir ici l’expression de notre gratitude. La place dont nous disposions ne nous a pas permis d’utiliser en totalité la riche moisson que nous avons récoltée ; mais, désireux d’agir équitablement, nous nous sommes interdit d’écouter nos préférences, et nous avons adopté, pour les mettre en musique, les cinquante poésies qui nous sont arrivées les premières.
Ce que nous venons de dire des Chants de l’Enfance indique clairement que cet ouvrage ne dispense pas les élèves d’étudier le Livre de Musique que nous avons déjà publié. Tous les deux se complètent réciproquement, ou, pour mieux dire, le premier est l’introduction nécessaire du second. Tandis que les Chants de l’Enfance constituent avant tout un recueil de morceaux faciles, le Livre de Musique est, au contraire, un manuel méthodiquement conçu et susceptible de conduire l’enfant au seuil des grosses difficultés de la science musicale. Il n’y a donc pas seulement entre ces deux ouvrages une différence de degré, mais encore et surtout une différence de plan. Le premier est à la fois un recueil amusant et un livre d’éducation, destiné à former le goût; le second, très attrayant aussi, est un livre d’instruction destiné à l’étude raisonnée des principes dont l’élève n’a reçu, dans les Chants de l’Enfance, qu’une notion vraie mais empirique.
A l' exception des airs populaires , toute la musique du présent ouvrage
a été composée par M. Claude Augé et constitue en conséquence une propriété.
La reproduction, même manuscrite , en est formellement interdite.