‹ Les chants de l'enfanceChapitre 36 sur 88 · LÀ · texte numérisé non relu

LÀ

LJ

Les uns mourants les au. très morts:

Suspendus an lien fragile .

Qu’un coup .de vent rompt aujourd hui, Que d’amours dans ce pot d’argile,

Que d’espoirs brisés avec lui !

La mère n'en sait rien encore :

Dans les champs, dès le point du jour, Pour sa famille elle picore ;

Elle reviendra... Quel retour!

Déserteurs du ciel solitaire Dont les hôtes sont mal nourris,

Bien des moineaux plus près de terre Acceptent de nous leurs abris !

Oiseaux! n’acceptez rien des hommes, Nichez loin de nous, dans l’azur ;

Tout asile est traître, où nous sommes, Le nid pesant, le clou peu sûr.

Paroles de Sully Prudliomm©.

LqA FLEU<1{

La même faux nous moissonne, Nous cédons au même. Dieu :

Une feuille t’abandonne,

Un plaisir nous dit adieu.

Chaque jour le temps nous vole Un goût, une passion ;

Et chaque instant qui s'envole Emporte une illusion.

L’homme, perdant sa chimère,

Se demande avec douleur:

« Quelle est la plus éphémère De la vie ou de la fleur? »

Paroles de Millevoye.

Moderato Le Matin

Dans le loin - tain

Lau be s’é veil - le

Rien ne som . meil . le,

C’est

le ma

tin.

Sur les buissons La fleur respire, Charmant sourire.

Douces chansons!

La nuit s’enfuit,

Le soleil brille ; L’astre scintille,

Le jour le suit.

Le laboureur Creuse la terre, Longue prière, Rude labeur!

Du rossignol,

Sur l’aubépine, La voix divine Reprend son vol.

L’abeille sort,

Vole et bourdonne De l’anémone Au bouton d’or.

Paroles de Bontemps.

Avec ta herse et ta forte charrue,

Bon laboureur, où vas-tu si matin ?

— Dans les sillons, heureux de ma venue, Semer le blé qui donnera du pain.

Avec ta houe et ta solide bêche,

Bon jardinier, que fais-tu si matin?

— De tout bêcher, sarcler, je me dépêche, Car il est temps, de semer mon jardin.

Avec ce fer dans ta forge qui fume,

Bon forgeron, que fais-tu si matin ?

— Je le façonne, à grands coups sur l’enclume, Soc de charrue, ancre, chaîne ou grappin.

Avec ton sac, tes cahiers, ton gros livre, Jeune écolier, où vas-tu si matin ?

— Je vais chercher le savoir qui fait vivre,

Et nous défend des hasards du destin.

Avec cette arme en ta main si novice,

Jeune soldat, que fais-tu si matin ?

— Je marche au pas et je fais l’exercice, Pour être prêt à combattre demain.

Paroles de G. HugOt.

Ce morceau est un dialogue. Les deux premiers vers de chaque strophe peuvent être chantés par un groupe d’élèves, auquel un autre groupe répondra par les deux derniers vers.

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