LE FRANC CHASSEUR
Je suis le franc chasseur des bois, La forêt verte est mon royaume, Et quand je marche sous son dôme, Je tressaille à ses mille yoix«
A moi ce riche et vaste monde Qui pousse en folles frondaisons, A moi le cerf des hauts gazons, A moi la biche vagabonde.
lOO' LES CHANTS DE LA MONTAGNa
Mais qu'un chevreuil doux et pensif Avec ses grands yeux me regarde, Je m'arrête et lui dis : Prends garde !
Rebondis dans ton vert massif.
Puis sur les hauteurs inconnues Je poursuis l'aigle glorieux, QuUl plane et tourne dans les cieux Ma balle frappe jusqu'aux nues.
Mais les chanteurs de la forêt, Les rossignols au long ramage Me causent d'amour au passage Et tous, ils savent mon secret.
J'aime une enfant svelteet sauvage, La brune fille au forestier.
Je siffle au tournant du sentier.
Vite, elle accourt sous le feuillage.
Yeux de chevreuil pleins de douceur, Lèvre cerise à faire envie ; Elle pâlit, ma fleur de vie.
Quand je la presse sur mon cœur.
PAR MONTS ET PAR VAUX. lOi
Quand sous les hêtres centenaires Se joue un soir d'or et de feu, Je monte au trône fait par Dieu Au cœur des forêts solitaires.
Debout sur mon roc âpre et haut Je fais feu... roule, ô mon tonnerre!
Il roule — et la montagne entière Répond trois fois, — Dieu, que c'est beau !
Il roule à la ferme isolée, Ma brune l'entend à son tour ^ Des bois touffus de la vallée Monte à mon cœur son chant d'amour.
Les forêts et ma charmeresse Et ce grand ciel, tout est à moi; Un cri d'amour et d'allégresse !..
Son cœur l'entend : — j'en suis le roi !