‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 103 sur 140 · LE VAIN DESIR · texte numérisé non relu

LE VAIN DESIR

Jeune fille, de qui la forme aimable et blanche

A lui sous mes baisers, Ne te dérobe plus sous ces plis amassés

Quand vers toi je me penche !

Ne me fuis point sans cesse, et ne me promets plus

Plus que tu ne donnes.

Est-ce en vain que vers toi d'un élan monotone

Vont mes vœux superflus !

Quand je te presserais sur ma poitrine avide, 'M

Avec mi feu brûlant.

Je n'étreindrais jamais que ton corps indolent

Dont rien n'emplit le vide !

Je ne posséderais de toi que ton contour.

Que ta face physique !

Or, je voudrais t'entendre, ô secrète musique

De l'invisible amour !

LE SOrVEMR

Que j'ai de peine, hélas ! à me la peindre encore Cette rare beauté que le temps décolore, Pour laquelle longtemps je fus plein de ferveur Et dont le souvenir va mourir dans mon cœur ! Comme il m"est difficile en ma mélancolie De raviver ce teint, cette forme qui plie. Ces mouvements d'amour, ce front de perles ceint. Et cette bouche encore et ces bras, et ce sein ! J'ai beau me répéter : c'est ainsi qu'indolente. Sa démarche semblait quelque cadence lente ; C'est ainsi qu'elle était, lorsque par les chemins, Distraite, elle égrenait la rose et les jasmins ; C'est ainsi qu'elle allait vers la source déserte, Quand de ses beaux cheveux elle semblait couverte.

Et que, triste, elle errait d"un pas désordonné

Hélas ! que j'ai de peine à me l'imaginer!

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