‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 108 sur 140 · PAYSAGE · texte numérisé non relu

PAYSAGE

Dans l'herbe étincelante elles se sont assises. Formant un calme groupe au milieu du gazon, Et le jour par degrés peu à peu vaporise Leur aspect, la prairie et le vague horizon. Elles vont disparaître et l'air les décolore,

Et leurs voiles palis palpitent dans le vent

Elles se lèveront pour danser dans l'aurore, Tandis que vole au loin la planète d'argeni !

LE DEDAÎX

Allez par les chemins, ô belles nonchalantes

De qui de frais tissus imprégnés de senteurs

Dérobent le contour et les grâces brillantes î

N'amassez point sur vous vos voiles peints de fleurs.

Comme afin de cacher quelque rare harmonie :

Et ne vous dites point que ce sont des trésors

Ces sublimes beautés que mon cœur vous envie.

Ces traits, ces ornements, ces nuances encor,

Ce corps couleur de perle à l'éclat calme et lisse

Et qui semble enfanter la tendre volupté,

Toute cette pudeur naïvement complice,

Tout le charme divin de cette nudité !

Prodio'uez-les sans cesse, ô jeunes ino-énues,

0 vous, qui d'une œillade attisez vos amants,

Et laissant transparaître un coin de vos chairs nues

Excitez dans leur être un éternel tourment î

Ne leur inspirez pas une passion vaine

Pour ces molles beautés que vous leur refusez,

iS:

Car n'imaginez pas qu'elles vaillent la peine. De souffrir, de gémir et de tant soupirer ! 11 est d'autres attraits pour les âmes aimantes Qui savent les atteindre et puis s'en enchanter Allez par les chemins ô belles nonchalantes, Vous qui mourrez bientôt de vos stérilités !

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