LE SERMENT
Si lamour doit mourir, s'il se peut qu'il expire Comme un épi trop mûr et de grains trop pesant Si l'iui et l'autre un jour nous fuyons son empire En détournant de nous nos veux a^-onisants ; S'il doit nous arriver de ne plus nous connaître Et de marcher plus tard à jamais écartés ; ' Si l'amour se consume en épuisant notre être. S'il ne peut se nourrir que de nos voluptés ; S'il cesse de t"orner de lattrait le plus rare Quand le printemps palpite au fond de la foret ; Si même il te dépouille et puis sil te dépare. S'il dérobe à ton flanc ton vêtement doré ; S'il faut que ta beauté me devienne étrangère, Que j'en perde le goût de mon àme arraché ; Si je dois y puiser quelque rancune amère, Et s'il me faut te fuir au lieu de te chercher : Alors je te le dis, j'en atteste la terre, Mieux vaut périr soudain sans aller plus avant !
Oui, je veux disparaître et partir solitaire. Et ne plus te revoir, triste amour décevant ! — Que s'éteigne en mon cœur lamourquime dévore, Ou que Vénus horrible allume un noir flambeau ! Que je ne puisse plus jamais revoir l'aurore ! .Que mon corps tout entier se disperse en lambeaux !