LA VIE
En vain tout va mourir de mon stérile ennui ;
La moisson se dessèche, et la source tarit;
L'épi tombe blessé de ta corne, ô déesse ;
En vain tout semble atteint des douleurs qui m'oppress?
Et tout s'efface en vain : car je me suis levé !
D'un désir amoureux me sentant soulevé
J'ai vu mon sein s'enfler d'une ferveur sonore,
Et c'est pourquoi l'azur de nouveau se colore,
L'air, les choses, le jour tout reprend son éclat.
Le monde ravivé d'un candide incarnat,
Par degrés, sort pour moi de ses sphères funèbres,
Et, chassant devant lui ses tragiques ténèbres.
Le vaste éther aussi s'ébranle en bondissant
Avec ses globes d'or énormes et pesants !
ÉLÉGIES ET CHANTS DE RÉSURRECTION !27o