‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 5 sur 140 · EN CHACUNE DE SES PARTIES · texte numérisé non relu

EN CHACUNE DE SES PARTIES

As-tu des parcs pompeux, des jardins teints de roses

D'où partent mille éclairs, Des bassins de parfums que respirent les airs, Des oiseaux balancés aux plumages divers Dans ces apothéoses ?

As-tu des bracelets faits de cent pierreries

Et taillés dans l'argent, As-tu de beaux anneaux et des voiles fuyants. As-tu des colliers d'or dont les reflets changeants

Forment des féeries ?

10 L E s C II A X T s D E L A V 1 E A II D E N T E

Es-tu riche à ce point que toutes tes pensées

Voient leurs vœux satisfaits, Ayant des greniers pleins, des troupeaux, des palaii' Et des chevaux cabrés ébranlant la forêt De leur course insensée ?

N"as-tu jamais connu le refus d'une femme,

Pas plus que tu n'as vu L'avenir se soustraire à ton rêve ingénu, La fortune te fuir, et ton destin battu Par la nuée en flammes ?

Alors il t'est permis, si la douleur t'accable,

D'exhaler tes sanglots, Car, seul, il peut gémir sans crainte et sans repos. Celui qui, riche, aimé, trouve encore au tombeau

Un aspect favorable !

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