LA LUNE
Enorme, éparse, bleue et dans l'azur sauvage,
Ayant poli de ses lueurs le roc tonnant,
La lune a fait ployer les arbres que ravage
Son feu, qui tout à coup croule en les couronnant.
En courant la tempête appesantit sa rage. Puis la foudre à la lune unit ses traits ardents. Sur les versants des hauts coteaux du paysage. Le ciel souffre, obscurci du levant au ponant.
Gomme un fleuve d'éclairs se répand dans les airs Les astres orageux coulent en feux horribles Dont l'ardeur alimente et fait fumer les mers.
Et tandis qu'agitant les ténèbres terribles Les constellations circulent dans la nuit, La terre lonofuement tourbillonne et blanchit !
LE MiSTÈiSE DE.^ CHOSES loi
FEERIE
Sur la branche grise De l'arbre qu'on voit L oiseau rivalise Avec votre voix.
Et voici, surprise, La lune en le bois, Qui le féerise, L'absorbe et le boif.
Néanmoins, toujours Le doux rossignol Chante ses amours.
Et lair calme et mol, Pénétré de lune, Cache l'un et lune !