CHANT
Froids courtisans d'une soirée, Vous ne lisez pas dans les cœurs.
Lorsque, pâle et désespérée, Je viens dans vos salons moqueurs, Vous vous demandez qiii m'attiro.
Ce que cherche mon œil ardent; C'est elle . . . Elle fait mon martyre.
Et je veux la voir, cependant.
Je suis jalouse, et F amour dans mon àme De la vengeance allume le désir.
Oh ! que je souffre en voyant cette femme !
Mais, à mon tour, je la ferai souffrir.
Je viens chercher sur son visage La joie ou la douleur du jour; Quoi! son front n'a pas un nufi^e!
Elle est radieuse d'amour !
Il l'aime encor!... Sa main si belle Tient un bouquet offert par lui :
Jadis je me parais comme elle
Des fleurs qu'il lui donne aujourd'hui.
Je suis jalouse, et l'amour dans mon âme De la vengeance allume le désir.
Oh ! que je souffre en voyant cette femme!
Mais, à mon tour, je la ferai souffrir.
Je lui dirai : Quand il vous touche Par son amour qui n'est qu'un jeu, Vous ignorez que de sa bouche Sortit |)0ur moi le même aveu.
Madame, il m'aima la première, Et ce cœur, que vous m'avez pris.
Ce cœur, dont vous êtes si fière,' N'a que des sentiments flétris.
Je suis jalouse, et l'amour dans mon âme De la vengeance allume le désir.
Oh ! que je souffre en voyant cette femme !
Mais, à mon tour, je la ferai souffrir.
Je lui dirai : Lisez ces lettres, Ces lettres écrites pour moi !
Peut-on croire aux serments des traîtres?
N'avais-je pas reçu sa foi?
Sur son honneur, sur sa patrie, Il jura de m'appartenir 1 . . .
Comme moi vous serez trahie ; Mon passé, c'est votre avenir !
Je suis jalouse, et l'amour dans mon Ame De la vengeance allume le désir.
Oh ! que je souffre en voyant celte femme !
Mais, à mon tour, je la ferai souiïrir.
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A MA f SLLÎË