AUTRE GUITARE
Comment, disaient-ils, Avec nos nacelles.
Fuir les alguazils?
— Ramez, disaient-elles.
Comment, disaient-ils.
Oublier querelles, Misère et périls?
— Dormez, disaient-elles.
Comment, disaient-ils, Enchanter les belles Sans philtres subtils?
— Aimez, disaient-elles.
18juilleH838.
Quand lu me^^parlos de gloire, Je souris amèremenL.
Cette voix que tu veux croire, Moi, je sais bien qu'elle ment.
La gloire est vite abattue.
L'envie au sanglant flambeau N'épargne cette statue Qu'assise au seuil d'un tombeau.
La prospérité s'envole,
Le pouvoir tombe et s'enfuit.
Un peu d'amour qui console
Vaut mieux et fait moins de bruit.
Je ne veux pas d'autres choses Que ton sourire et ta voix, De l'air, de l'ombre et des roses, Et des rayons dans les bois !
Je ne veux, moi qui me voile Dans la joie ou la douleur, Que ton regard, mon étoile!
Que ton haleine, ô ma fleur !
Sous ta paupière vermeille Qu'inonde un céleste jour.
Tout un univers sommeille.
Je n'y cherche que l'amour !
Ma pensée, urne profonde.
Vase à la douce liqueur.
Qui pourrait emplir le monde.
Ne veut emplir que ton cœur !
Chante ! en moi l'extase coule.
Ris-moi ! c'est mon seul besoin.
Que m'importe cette foule Qui fait sa rumeur au loin !
Dans l'ivresse où tu me plonges, En vain, pour briser nos nœuds, Je vois passer dans mes songes Les poètes lumineux.