‹ Les chants du crépusculeChapitre 16 sur 28 · L'AURORE S'ALLUME · texte numérisé non relu

L'AURORE S'ALLUME

Vérité, beau fleuve Que rien ne tarit!

Source où tout s'abreuve, Tige où tout fleurit!

Lampe que Dieu pose Près de toute cause I Clarté que la chose Envoie à l'esprit !

Arbre à rude écorce, Chêne au vaste front, Que selon sa force L'homme ploie ou rompt; D'où l'ombre s'épanche ; Où chacun se penche, 4.

L'un sur une branche, L'autre sur le tronc!

Mont d'où tout ruisselle I Gouflre où tout s'en val Sublime étincelle Que fait Jéhova !

Rayon qu'on blasphème!

Œil calme et suprême Qu'au front de Dieu même L'homme un jour creva!

0 terre ! ô merveilles Dont l'éclat joyeux Emplit nos oreilles,

no LES CHANTS DU CRÉPDSCCLE.

Éblouit nos yeux!

Bords ou meurt la vague Bois qu'un souffle élague.

De l'horizon vague Plis mystérieux !

Azur dont se voile L'eau du goufire amer, Quand, laissant ma voile Fuir au gré de l'air, Penché sur la lame, J'écoute avec l'âme Cet épithalame Que chante la mer !

Azur non moins tendre Du ciel qui sourit, Quant, tâchant d'entendre Ce que dit l'esprit, Je cherche, ô nature, La parole obscure Que le vent murmure, Que l'étoile écrit I

Création pure!

Être universel!

Océan, ceinture De tout sous le ciel!

Astres que fait naître Le souffle du maître, Fleurs ou Dieu peut-être Cueille quelque miel !

0 champs ! ô feuillages.

Monde fraternel !

Clocher des villages

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