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DEVANT UN MIROIR

Pâle face d'enfant déjà lourde d'années, Demeure ainsi ; songeons ; tout repose, il est tard ; Demeure ainsi ; voici tes paupières lassées Et ton nostalgique regard ;

Voici ton regard plein d'espérance confuse. De tristesse, d'amour, de rêve, de langueur, Plein d'une fixité suppliante où s'accuse Ton ardente soif de bonheur.

Pâle face d'enfant rêveuse et sensuelle, Le bonheur ! c'est bien là le désir anxieux Oui tourmente ta lèvre et frissonne sur elle Et qui souffre au fond de tes yeux !

Un bonheur fastueux, vertigineux et tendre, Un grand amour mêlant l'art et la volupté, Voilà vers quoi, meurtri, revient sans cesse tendre Ton fébrile espoir exalté !

Puis, songeant combien prompts tes jeunes ans s'écoulent, Penchant ton front déjà d'une ride effleuré, Tu penses : Je vois donc mes rêves qui s'écroulent, Tout m'échappe... et je vieillirai !

Je vieillirai... Douleur d'une âme désireuse, De brûler seule au sein du vide torturant Qu'une réalité monotone lui creuse.

Et de vivre en se dévorant !

Pauvre être, voilà donc tes rêves, ta détresse, Pauvre être, voilà donc quelle angoisse te vint : Tu voudrais vivre, vivre, et que tant de tendresse Ne te consumât plus en vain !

Eh bien vis, tu le peux, même en ta solitude, Même en ton sort étroit, rigide, monacal ; Tu n'as vu que l'amour qu'on rêve d'habitude, Tu n'as fait qu'un rêve banal ;

Mais l'amour est partout, dans tout éclair de vie, Dans tout élan du cœur, dans tout frémissement, Et si ton espérance humaine t'est ravie

Tu peux pourtant vivre en amant I

Dépense le besoin d'extase qui te ronge A sentir la splendeur du terrestre décor, De ses réalités qui dépassent le songe ; Admire ; c'est aimer encor.

Que la fièvre qui te brûlait se désaltère Dans l'ivresse de voir, de peindre, d'exprimer ; Prête l'oreille aux bruits sanglotants de la terre ; Médite ; c'est encore aimer.

Tire un feu clair et haut de ta fournaise immonde ; Veille ; deviens l'artiste au grand front révolté Qui reçoit ses frissons des mystères du monde Et de l'éternelle beauté !

BIBLIO:.

TABLE

TABLE

Pages

Préface ^

Ecrit en décsmbre 1914 H

Au LIEUTENANT PlERRE NaDALET 13

Lettre a l'ami dans la tranchée 16

L'usine ^'

Aux JETTNES ÉCRIVAINS.

A J.-M. Renaitour 21

Nuit de 1915 23

Avril,

Crépuscule 30

Le cimetière 31

Regards en arrière 33

Matin de mai 35

Lettre ""

Repos ^

Insomnie 39

La tombe ^1

Le chat et la souris ^2

Celui qui a le plus sopffeht 43

Evocation '^■i

Gaietés 46

Le renfort 49

Sous LA RAFALE ^2

n. - POÈMES SANS DATE

TRAVAIL

Chenilles et papillons ^^^"

Le jardin "^

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