‹ Les chants séculaires. Préf. de Louis BertrandChapitre 17 sur 63 · AU RAYON DE SOLEIL QUI TOMBE SUR MA TABLE · texte numérisé non relu

AU RAYON DE SOLEIL QUI TOMBE SUR MA TABLE

D'où viens-tu? Tu luis sur mes livres Comme un regard de la Beauté.

D'invisibles atomes ivres Tourbillonnent dans ta clarté.

Ma rêverie est animée Par les choses que tu frôlas, Et ma table est toute embaumée De ton sommeil dans les lilas.

0 beau rayon incorruptible, On dirait que tu veux ouvrir Mon Virgile ou ma vieille Bible Pour lentement t'y rendormir.

Mais je ne veux pas que tu dormes, Reste éveillé, cause avec moi, J'entends les nombres et les formes Qui bourdonnent autour de toi.

Tu caresses, quand je te touche, Tout mon sang à travers ma main, Et je t'abandonne ma bouche Comme au baiser d'un être humain.

Je le sais, en toi la pensée Du monde invisible frémit, Viens sur ma page commencée Éveiller l'esprit endormi.

Puisqu'au cœur de toutes les choses, 0 soleil, tu revis un peu, Puisque les chênes et les roses Aiment en toi l'ombre de Dieu,

Descends dans ce léger poëme Comme au fond d'un tiède jardin Et laisse dans ces mots que j'aime Un peu de ton songe divin,

LE MATIN /i3

Et dans ces rimes fiancées Au mystère de l'univers Donne à l'essaim de mes pensées La ruche d'or des justes vers.

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