NANCY ET TOUL
Nanceium ; Tullum Leucorum.
Notice. — Primitivement simple collégiale, puis érigée en primatiale par le pape Clément VIII (15 mars 1602), l'église Notre Dame de Nancy fut constituée en cathédrale dans l'année 1777. Le 19 novembre de cette année le pape Pie VI autorisa l'érection du siège épiscopal. Le diocèse fut démembré de celui de Toul. Celui-ci remontait au milieu du IV" siècle et dépendait de la province de Trêves. Ayant été supprimé en 1790, il fut incorporé au diocèse de Nancy dont il dépend depuis; les évéques ont uni les deux
titres. Quant au siège de Nancy, suffragant delà métropole de Trêves depuis sa fondation jusqu'à la grande Révolution, il passa alors dans la province de Reims. Il est entré dans celle de Besançon depuis le rétablissement du culte en 1802.
Le chapitre a pour patron : Notre-Dame.
Costume canonial. — Tandis que l'Église de Nancy n'était encore que primatiale, son dernier primat Monseigneur de Choiseul Beaupré avait obtenu en 1750 pour les chanoines avec le rochet, la soutane etlamozette de couleur violette. Le roi Stanislas leur fit don d'une croix pattée, émail et vermeil. Tout cela fut englouti dans le gouffre de 1790, alors qu'à l'érection de la primatiale en évêché le pape Pié VI avait maintenu tous les ancisns honneurs et privilèges. Depuis la révolution bien des modifications ont été apportées. En 1857 Monseigneur Menjaud fit restituer par le souverain Pontife la décoration donnée cent ans auparavant, avec tous les droits antérieurs. Mais les chanoines ne portèrent jamais le violet complet; ils se contentèrent d'ajouter des boutons de cette couleur à la soutane ordinaire, et ils gardèrent la mozette telle qu'ils la portent aujourd'hui. Par bref du 9 juillet 1863, Monseigneur Lavigerie régularisa ce costume comme suit : 1° Avec le Rochet simple pour les jours ordinaires, et à guipure pour les solennités, 2° en été, une Mozette en soie noire bordée et doublée de cramoisi, avec boutons et boutonnières de même ; 3° (en hiver) par dessus le rochet, Manteau de drap noir avec bordure en velours cramoisi ; et alors la Mozette en soie est remplacée par une hermine mouchetée ; 4" Croix pectorale, concédée en 1857, ne différant de l'ancienne que par la couleur de l'émail, qui est bleu au revers comme au droit, au lieu d'être bleu et vert. De forme pattée, elle porte entre les bras, sur une sorte de gloire en or, quatre croix de Lorraine en émail blanc bordé d'un filet
d'or. Sur le médaillon qui est au centre, on voit d'un côté rimaf^e de saint Sigisbert, avec cette inscription : Stan. Rex. 1757, iNST., de l'autre côte avec l'Annonciation de la Vierge : Pius IX, 1857 rest. ; et au bas : Flagit. A. B. Menjaud ep. (1).
Armes kt sceau. — Les armes de ce chapitre étaient les armes pleines de Lorraine, surmontées au chef de l'écu de la représentation du mystère de l'Annonciation, et pour cimier un groupe de trois têtes d'anges. Au dessous de l'écu, qui est ovale, est appendue la croix canoniale ; de plus une banderolle enroulée, entourant le tout, porte pour devise : Ecclesia Nanceiensis. Le scel capitulaire représente une Vierge-Mère couronnée d'un diadème forme impériale, assise, tenant l'enfant Jésus sur les genoux, et cette devise dans le pourtour : Capitulum ecclesije Nanceiensis.
SÂÏNT-DIÉ.
Sanctus Deodatiis in Vosago.
Notice. — Le siège de Saint-Dié ne remonte qu'à l'année 1777. Le corps capitulaire qui fut alors institué par Monseigneur de Chaumont de la Galaisière succédait aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui avaient à leur tète un grand prévôt, d'après une bulle de Grégoire V donnée en 996. Ceux-ci avaient été mis au lieu et place des Bénédictins établis en 660 par Dieudonné, ancien évêque de Nevers. En 1790 cet évéché, qui auparavant ressortissait à la province de Trêves, fut placé dans celle de Besançon.
(1) Il faut lire ainsi ces diverses inscriptions: Stanilaiin rex 1757 ^ instituit — Pins nomis 1857 restituit, fîagitanle Alexio lîasilio Menjaud episcopo.
La réforme de 180^2 le supprima et l'incorpora au diocèse de Nancy. Il fut rétabli eu 1823 ; Monseigneur Jacquemin reconstitua alors le chapitre. Son patron est : Saint-Dié.
Costume Canonial. — L'habit de chœur de Messieurs les chanoines diffère peu de celui qui leur fut donné à l'époque de leurrétablissement. Il est ainsi décrit dans les Règlements et Statuts publiés par Monseigneur Dupont: « Art. 36. En été le rocliet à manches, la mozette noire avec doublure, boutonnières, boutons et passe-poils cramoisis, et le bonnet carré; en hiver le même rocbet, le manteau de drap noir garni de velours cramoisi, le ramail en fourrure blanche, et le bonnet carré si l'on n'a pas le camail sur la tête. » Art. 37 : « En entrant au chœur, chacun doit laisser tomber la queue de sa soutane ou de son manteau.» Présentement: 1° leiîocAe/ est simpleaux jours ordinaires, et garni de guipures aux solennités et quand l'évèque officie ; 2° Camail et Manteau, c^çimm.^. jadis, sauf qu'on a supprimés la queue et le capuèhon; 3" Croix pectorale attachée à un ruban de soie cramoisie avec liséré noir. Cet insigne, qui fut jadis porté par les chanoines de la Prévôté a été quelque peu modifié après demande faite par Monseigneur Gaverot. Il est forme de Malte avec boules aux pointes, en émail blanc liseré de bleu. Au centre, qui est émail bleu, d'un côté le buste de saint D;é en or; de l'autre celui de Pie IX avec cette inscription: Plus IX. Pont. max. anno 1862 ornavit. L'anneau est relié à la dite croix par une tiare, surmontant un médaillon d'azur qui porte les armes du chapitre, et accosté de deux clés oretargent passées en sautoir. L'intervalle des quatre branches est garni alternativement de la Croix de Lorraine en or, et d'un alérion d'argent.
Armes et sceau. — Ce chapitre use d'un scel ovale qui est : Uor, à la bande de gueules, chargée de trois roses
^ ftav/îmnel^
d'arge7it. Pour légende : Sigillum capituli eccl. cathed. S. Deodati. Un autre sceau porte cet écu brochant sur la Croix capitulaire, et tout autour cette inscription : Chapitre DE l'Eglise Cathédrale de Saint-Dié.