E. — DESCRIPTION DES CORPS BACTÉRIOÏDBS
L'examen des corps bactérioïdes nécessite des coupes exlrùmeruent minces, parfaitement planes, non rayées, et dont la matière n'a pas été ébranlée par la taille. 11 faut de plus des coupes parfaitement nettoyées et qui n'aient pas été roussies par le chauffage lors du montage des préparations. L'étude de ces coupes doit être faite à des grossisseiuenls de looo à i5oo diamètr.
A des grossissements moyens compris entre 3oo et 600 diamètres, la gelée fondamentale parait chargée de petits corps arrondis ou en bâtonnets d'aspect bactérioîde (iig. 11, la, PI. 111). Ils peuvent se ranger en trois catégories ; les corps arrondis sphériques, dont les uns plus gros sont facilement visibles, ce sont les macrococcoïdes^ d*autres sont ti'ès petits, peu visibles, ce sont les micrococco'fdes. 11 y a enfin des corps en forme de bâtonnets courts ou bacilloides.
A un grossissement fort l'aspect est un peu diflérent. On revoit facilement les bâtonnets courts ou bacilloides, mais les corps coccoïdes sont presque tous à l'état de très petits micrococcoïdes. Quant à ce que l'on voyait comme des macrococcoïdes ce sont ou bien des micrococcoïdes couplés en diplocoques, ou bien des micrococcoïdes liés à des bulles, mais très rarement des corps sphériques plus gros méritant vraiment le nom de macrococcoïdes .
A i5oo diamètres les micrococcoïdes sont de très petits corps sphériques, brillants, pleins, qui ressemblent beaucoup à des sporeé de bactéries. Ils mesurent deO(ji5 àofi.8 (Iig. 14 à 18, PI. IV). Ils se détachent nettement sur la gelée rousse ou sur la gelée jaune. De même que dans les corps bullaires l'aspect change selon que la mise au point est superficielle ou médiane. Quand la mise au point est superficielle le globule est très brillant, jaune clair, sans enveloppe. Lorsque la mise au point est médiane le centre est noir dans les très petits
cocci, le centre est blanc, entouré d'un cercle noir dans les macrococcoïdes. Autour du corpuscule ou aperçoit une auréole jaune clair. A part Tauréole entourante ce sont les caractères d'un corps bullaire. Je ne crois pourtant pas que dans le cas du Brown Oilshale il s'agisse simplement de bulles gazeuses. Dans d'auti*es charbons comme le schiste du Bois d* Assort, où ces petits sphérules sont manifestement buUaires, les cco'actères de la bulle sont encore plus tranchés. Je n'ai pas vu de membrane rousse autour de ces coccoïdes. L'auréole claire qui se dessine autour de la partie sombre lors de la mise au point médiane a une épaisseur égale au rayon ou aux 3/3 du rayon de la boule. Cette enveloppe est jaune clair, elle passe au fond vers l'extérieur. Est-ce une membrane propre ? N'est-ce pas plutôt une condensation de la gelée, autour d'une bulle ou d'une gouttelette ? Les corps micrococcoîdes ont une réelle autonomie par rapport à la gelée fondamentale. La taille les arrache tout entier y compris leur enveloppe transparente. On les voit dans la boue résultant de la taille de la roche. On les voit aussi englobés dans les cristaux tardifs , mais là leur enveloppe jaune clair se trouve très amincie.
Les micrococcoîdes sont, soit isolés, soit couplés en diplocoques. Rarement ils sont réunis en chaînettes de trois. Ils sont répartis en nuages et comme suspendus dans la gelée rousse (i). Les coccoïdes deviennent très nombreux dans les parties les plus fortement colorées. Us se rarélient brusquement dans les lits de matière jaune (iig. i4> PL IV).
J'ai trouvé les micrococcoîdes dans un grand état de pureté sur la surface des thalles de VEpipolàia Boweri. J'ai représenté (iig, i8, 19 et no, PI. IV) un coin d*un amas de ces corps pris entre plusieurs thalles contigus.
(i) Cette attitude suspendue contraste avec l'attitude couchée qu'affectent les spores de bactéries qu'on voit posées sur les pellicules ferrugineuses des ruisselets de nos bois.
Univ, de LiUe. Tome VI. C. 3.
Très fréquemment des bulles irrégulières sont attachées à des microeoccoïdes et à des corps en diplocoques. Les macrococcoïdes sont presque tous des bulles de cette sorte (Bp., fig. i4 et i5, PL IV).
Les bacilloïdes consistent en bâtonnets rectilignes courts, arrondis aux deux bouts, ayant tous les caractères optiques des microeoccoïdes, c'est-à-dire qu'ils sont brillants comme des spores de bactéries. Dans les plus grands on voit parfois un très petit cristal biréfringent. La longueur de ces bacilloïdes varie de a ^ b k ^ \l 6, Leur largeur est o (& 8. L'épaisseur de leur enveloppe claire est o [i. 3.
Les bacilloïdes sont mêlés aux microeoccoïdes. Ils sont peu nombreux; par places ils deviennent très rares sans jamais disparaître complètement.
Les caractères relevés par l'analyse optique que je viens de présenter des corps bactérioïdes ne permettent pas d'établir directement ce que sont ces corps. Je reviendrai sur cette question dans une note complémentaire.
§ IV. — Les corps accidentels du Brown Oilshale.