L'ACTION COMMUNE
elle avait eu, on le voit, la singulière fortune d’en servir la cause, de longue date, tantôt par son inimitié, tantôt même par ses défaites.
Est-il besoin de le dire, la métropole toléra, elle encouragea même volontiers l’action commune, l'union, tant qu’elle s'en servit et pourvu qu’elle en profitât. Il ne lui déplaisait pas d'en recevoir des secours considérables, soit en homes, soit en argent. Elle acceplait volontiers que les colonies travaillassent, même seules, soit à la défense, soit à l'extension de son empire colonial . Elle pouvait garder ainsi et gardait volontiers une plus grande partie de ses propres troupes et de ses propres richesses pour ses campagnes d'Europe. Comme l’action commune, les plans d’expansion ou de protection, la répartition des contingents d'hommes et d'argent, la levée des troupes et des subsides, supposatent des pourparlers, une entente, des traités plus où moins formels, elle laissait ou au besoin faisait naître, autant qu'elle y avait intérût, les occasions d'accord, par exemple, les réunions de hauts fonclionnaires ou de mandataires des colons. Tantôt les gouverneurs, tantôt des commissaires des diverses colonies généralement élus par Îles chambres législatives, se véunissaient pour arrêter les mesures d'ensemble convenables °),
Si l’histoire a pu ne pas garder le souvenir de toutes les correspondances et de toutes les négociations qui durent précéder tout acte accompli de concert par les colons, elle à du moins conservé celui d'assemblées tenues et de nombreuses entreprises accomplies par eux en commun. En 16/43, surtout pour résister aux attaques de la France, de la Hollande et des sauvages, les colonies du Massachusetts, de New-Plymouth, du Connecticut et de New-fHaven formaient une ligue qui ne dura guère moins de cinquante ans ©
Comp. Marshall, 1963 et, ci-des- ) Comp, notamm, Marshall, 113-
sus, [, 44-45, 1193 Bancroft, [, 490-425: el, ci-
) Kent, T,2ohsel, ci-après, 363-387. après, 370-380.
ün 1689, les commissaires réunis de toute la Nouvelle-Angleterre sollicitaient l'alliance de certaines tribus indigènes. En 1690, se tenait, à New-York, une sorte de congrès, auquel l’assemblée législative du Massachusetts-Bay avait convié, par lettres, des représentants, où de toutes les colonies, où au moins de toutes celles situées au nord du Maryland. L'invasion de lAcadie et du Canada y fut décidée. Aussitôt le Connecticut et New-York fournissaient les troupes de terre, et le Massachusetts-Bay une flotte de 34 voiles, avec 2,000 hommes d'équipage; puis, Acadie tombait aux mains des alliés ®, En 1709, pour ressaisir cette province que les Français avaient bientôt reconquise, et pour prendre Terre-Neuve et le Canada, le Massachusetts-Bay et le Rhode-fsland devaient fournir 1,200 hommes, etles provinces du centre 1,500. En 1710, dans la campagne qui fit la conquête définitive de PAcadie, la Nouvelle-Angleterre donnait à un corps anglais peu considérable le secours de 30 navires et de A régiments(#). En 1711. pour une expédition infructueuse contre le Canada, le Connecticut, le New-Jersey et New-York envoyaient encore des troupes ®
En 1744, la Nouvelle-Angleterre projette la prise de Louisbourg. Lesforces combinées de la métropule et des colonies l’accomplissent, en 1745, par des opérations où sont employés, avec la flotte anglaise de l'amiral Warren, des provisions fournies par la Pensylvanie, de l'artillerie envoyée par New-York, 300 soldats du Rhode- Island, 304 du New-Hampshire, 516 du Connecticut, plus de 3,000 du Massachusetts, et plus de 100 navires de la marine coloniale , Presque aussitôt après , pour l'annexion décidée du Canada, que la métropole néglige de poursuivre, les colonies situées au
nord de la Virginie votent la levée d’un corps expéditionnaire de
() Bancroft, LL, 181. ) Bancrolt, LE, 18.
Marshall, 191-199: Bancroft, HT, 5) Bancroft, HT, 218, 994. 159-1993; Murray, [, 317. 9 Marshall, 261-267; Bancroll, IF,
} Bancroft, IT, 917-218. h57-168; Murray, |, 318.
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