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CHASSE DU LIÈVRE D'ETHIOPIE

Il est commun loin des lieux habités par les Européens, : qui indique chez lui un commencement raisonné de ige méfiance, et il n'est pas rare d'en voir quatre, six, huit

t se lever à la f6i8 devant le chasseur, cii*constance qui per

i met de les déclarer sociables.

l Quelque abondant que soit cet animal, on arrive rare-

^ ment à le voir au gite, tant la couleur de son pelage se con-

f fond avec celle du sol.

\, Un bruit vient-il à le frapper, il s'éveille et cherche

quelle en est la cause. Si c'est un homme qui s'approche, il ne se hâte pas de fuir; il gagne lentement le premier buisson venu, s'y couche et dirige ses oreilles vers l'endroit suspect. Les buissons très clair-semés et fort peu touffus permettent, à une centaine de pas, d'apercevoir l'animal, qui parait cependant s'y croire invisible, puisqu'il se laisse approcher parfois à quinze ou vingt mètres; il gagne alors un autre buisson où il se tapit de nouveau. On peut, quand on a des loisirs, le conduire ainsi à plusieurs kilomètres.

L'a-t-on tiré et manqué, il ne change point pour cela ses habitudes; il court un peu plus rapidement et s'éloigne davantage ; mais, malgré le bruit de la détonation et le sifflement des plombs, il continue avec impudence à regar- ^ der le chasseur.

t Brehm, qui trouve qu'on devrait avoir honte de courir

i fastidieusément après un être aussi stupide, s'empresse de

t reconnaître qu'il n*en est plus de même lorsqu'un chien

i. empaume la voie. Le lièvre sait alors que quelques sauts

\ rapides ne le sauveront point et qu'aucun buisson ne lui

offrira une retraite sûre; il se décide en conséquence à faire des randonnées rapides, ce qui le sauve souvent; mais, en terrain nu, un autre péril le menace: c'est l'aigle, témoin de la poursuite, qui fond sur lui, l'enlève du sol et l'a bientôt étouffé dans ses serres puissantes.

LE TAMANOIR A CRINIERE

leux fourmiliers habitent te Paraguay, Fyurumi cl U uare. Nous ne nous occuperons ici que du premier, it les mœurs ont été si admirablement étudias par i^er, qu'il nous faut le copier presque textuellement, ë singulier et fort curieux animal a l^iO de long; sa tue nue mesure (r73, et plus d'un mètre si l'on tient npte des poils. On trouve quelquefois de vieux mâles qui îignent 2"60 en tout.

I n'offre point, tant s'en faut, une physionomie at- )rante. Sa tête est un c6ne long, mince, un peu recourbé bas à sa partie antérieure; son museau est court et us. Il a les deux mâchoires d'égale longueur, l'inférieure it peu mobile; l'orifîce buccal réduit à une fente dans uelle on peut à peine introduire le pouce; les yeux its et enfoncés- Les longs poils qui couvrent le cou font ailre cette région plus volumineuse que le derrière de ète. Le tronc est gros, informe, comprimé de haut en , porté sur des jambes courtes. Les avant-bras sont [es et musculeux. Les pattes de devant ont quatre gts armés d'ongles très forts, comprimés et semblables e formidables serres d'aigle. Les membres de derrière t moins solidement charpentés et armés ; ils se termit par des pieds de 0^2 de long, ayant chacun cinq ;ts onguiculés.

La langue, épaisse au plus d'un centimètre, est très protractile; Fanimal peut la projeter à un demi-mètre hors de la bouche.

Cet animal porte des soies raides, serrées, rudes, courtes sur la tête, ayant jusqu*à O'^SS sur la nuque et Tépine dorsale, où elles forment une crinière et atteignant O^'M à la queue, tandis que leur longueur n*est que de 0*^)9 sur le reste du corps, y compris les pattes. Le bout du museau, les lèvres, les paupières, la plante des pieds sont noirs, et du reste la teinte générale est d*un brun foncé.

Le tamanoir à crinière est propre au Paraguay, où on ne le trouve pas en at>ondance. Quelques naturalistes prétendent qu*il se rencontre dans presque toute TAmérique du Sud, depuis le Rio de la Plata jusqu'à la merdes Caraïbes ; c'est possible, mais pas encore prouvé.

Il habite les endroits déserts ou médiocrement peuplés de la partie nord du Paraguay, n'a pas de gite fixe, rôde tout le jour dans la plaine et s'endort où la nuit le surprend.

Sa marche ordinaire est très lente; il appuie à terre toute la plante des pieds et porte élevée sa longue queue touffue. Lorsqu'on le poursuit^ la vitesse de son lourd galop ne dépasse point celle d'un bon marcheur au pas accéléré. En mouvement comme au repos, ses ongles sont fléchis en dedans, et il ne progresse que sur le bord externe des pattes de devant.

Sa nourriture se compose exclusivement de termites et de fourmis. Avec ses ongles des pieds antérieurs, il bouleverse leurs nids, allonge sa langue au milieu des insectes et la retire lorsqu'elle en est couverte. Gela se continue jusqu'à ce qu'il soit rassasié ou qu'il n'y en ait plus.

L'organe de l'odorat est remarquablement développé ; l'ouïe vient après ; la vue est mauvaise. Sa voix ne consiste qu'en une sorte de beuglement de colère.

On ignore l'époque de l'accouplement ainsi que la durée

de la gostation, mais on connaît la saison de la mise bas. CTest au printemps que la femelle donne le jour à un seul petit, qu^elIe porte sur son dos et allaite très longtemps; car, lors même qu'il est en état de suffire à ses besoins, il ne quitte sa mère que quand elle est pleine de nouveau.

Le tamanoir, pris jeune, s'apprivoise facilement ; s*appix>chant alors des personnes, il reçoit leurs caresses avec plaisir et se montre même très enclin à jouer.

On le nourrit sans peine avec du lait, des fourmis et de la viande hachée. Dans ces derniei*s temps, plusieurs de ces animaux, amenés vivants en Angleterre et en Espagne, y ont été gardés quelques mois.

Les Indiens ^uh mangent la chair du tamanoir, malgré le goût prononcé d'acide formique qu'elle présente invariablement. Ils utilisent sa peau, à laquelle les paysans du Paraguay attribuent la vertu de préserver contre les maux de reins, lorsqu'on la met sous les couvertures.

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