‹ Les chasseures à piedChapitre 33 sur 96 · DE LEUR FORMATION · texte numérisé non relu

DE LEUR FORMATION

6« bataillon de chasseurs à

pied de marche.

30 septembre 187(), à Vier-

zon.

Go bataillon de chasseurs à

pied de marche (bis), 26 février 1871, A uronoble.

7« bataillon de chasseurs à

pied de marche.

13 octobre 1870, à Tours.

7« bataillon de chasseurs à

pied de marche (bis), l»»- janvier 1871, à Toulouse.

8<* bataillon de chasseurs à

pied de marche.

8 octobre 1870, à Orléans.

et 21 octobre 1870, à Uval.

9^ bataillon de chasseurs à

pied de marche.

21 octobre 1870, h Roclicfort.

10° bataillon de chasseurs à

pied de marche.

90 o<!tobre 1870, à Avignon.

11° bataillon de cliasscui*8 A

pied du marche.

8 novembre 1870, à Rennes.

12« bataillon de chasseurs h pied de marche.

10 novembre 1870, à Rennes, et d mars 1871 , h (ironoblo.

Vàf* bataillon de chasseurs à

pied de marclio.

21 novembre 1K70, h Rennes.

14e bataillon de chasseurs à

pied de marche.

21 novembre 1870, à Au-

xonne.

COMPOSriON

1 compagnie à chacun des 12° et 14« lataillons de chasseurs à >iec et 2 compagnies du 5° bataillon de chasseurs.

3 corn pagaies do 3° bataillon, 1 compagnie du 9° bataillon et 2 compagnies du M« liatailloi. de chasseui-s à pied.

I compagnie de ehacun des 2", fil, 18° et I9« haUillons Je chasseurs à pied.

Formé à 7 compagnies.

1 compagnie de chacun des 3° et ^ bataillons de chasseurs à pied , 2 compagcics du 0(^ bataillon et détachements des G» et 8» bataillons de chasseurs •h pied et 7° iiataillon de marche des chasseurs à pied.

1 compagnie des 3«, 4», 6« <)• bataillons de chasseurs à piiHl.

Uétaclicmenls des :)«*, •!«, t)", 10° et 20° hn ta liions de chasseurs à pied.

Klcninils fournis |:ir U*. i\ôp6t du 5° baUâillon de chasseurs à pied.

Compagnies ou détachements des 5e. 9*, 12« et 14° bataillonsoe chasseurs à pied.

lÀ>ni|»ngnio& dos .V, 8° et Itr halnillonsdechasscurs ù pied et du 49° de ligne.

1 cooipagniesde chacun des 1*?* et 14« bataillons de chasseurs à pied.

CE QUILS SONT DEVENUS

ou CORPS DANS LESQUELS ILS ONT

ira VBRSis;

. HATE DE LA mnidn

Go bataillon de chassenn à pied.

IG mars 1871.

G° bataillon do chasseurs à pied.

IG mare 1871.

7° bataillon de chasscare à pied.

24 avril 1871.

7* bataillon de chaneora à pied.

24 avril 1871.

8° bataillon de chasscare à pied.

26 mare 1871.

9° bataillon de chasseora à pied.

23 mare 1871.

10° bataillon do chass^iire à pied.

11 septembre 1871.

ll«* haUiillon de cluissoure A pied.

G septembre 1871.

12* bataillon de chaaseore à pied.

6 août 1871.

l:^ bataillon dé chasscure à pied.

IG avril 1871.

14« bataillon de chasieiin à pied.

22 mare 1871.

CORPS, DATES ET LIEUX

DE LRUR FORUATION

COMPOSITION

CE QU'ILS SONT DEVENUS

ou CORPS DANS LR8Q0EL8 ILS Oin

^Jf. VRR8#.S;

DATE DE LA fUSION

IS* bataillon de chasseurs à pied de marche.

8 novembre 1870, à Besançon.

3 compagnies du IG*^ bataillon de chasseurs h pied et 2 compagnies de différents corps.

15« bataillon do chasseun h pied.

6 avril 1871.

\Gp balnillon do chasseurs*^

i»ied d«» iiinn*li(\ 2 décembre 1870, à Tours.

Compagnies dos -l**, 8«*, HjP ot 1!^' bnlnillous de chasseurs A pied.

IG* baLnillon de chasseurs à piod.

15 septembre 1871.

n^ bataillon de chasseurs ù

pied de marche.

% novembre 1870, h Douai.

Formé à 5 compagnies.

17*' bataillon de chasseurs à pied.

25 septembre 1871.

18** bataillon de chasseurs à

pie<l de marche. G octobre 1870, à Saint-Omer.

Eléments pris dans le l^** bataillon de chasseurs à piod.

18» bataillon de chasseurs k pied.

I**' septembre 1871.

IIK* bataillon de chasseurs à

pied de marche.

14 novembre 1870, h Douai.

Com|)aguies ou déLirhemenls des 2«', U*", î)«» et 15° bataillons de chasseurs A pied.

P> l»ataillon do chasseurs k pied.

20 septembre 1871.

^0^ baLiillon de chasseurs à

pied de marche.

16 novembre 1870, à Doulo-

gne-sur-Bler.

Formé à 5 compagnies.

20« bataillon de chasseurs à pied.

M octobre 1871.

21c bataillon de chasseurs â

pied de marche.

23 novembre 1870, h Stl>cnis

Formé à 7 compagnies.

Maintenu 21« Iwtailloo de chasseurs à pied*

21" bnlniHon de clia8S4Mirs/k

pie<l de mnrtrlie.

2f» diVcmbre 1870, à Lyon.

i2« bataillon <lc chasseurs ù

pied do marche.

20 novembre 1870, A Blon-

treuil, près de l'aris.

Formé à ('» compagnies.

2I« Uitaillon de chasaours à pied.

22 aoAt 1K71.

Formé à 7 compagnies.

Blaintouu ti*> l»atailloo de chasseurs à pied.

22* bataillon do marche.

26 décembre 1870, à Cherbourg.

DirtachomonU des 4«, 19" ot G* bataillons.

22« baUillon do chaaaeuni à pied.

5 septembre 1871.

t^ bnlaillon de chasseurs h

piod.

22 décembre IH70, h Vin-

connos.

Formé à 8 compagnies.

Maintenu 2> IwtaiUon de chasseurs h pied.

%ip b.itaillon i\p chasseurs h

piod do marrlio.

21 décembre 1870, à Angou-

léme.

Détachomonls du > bataillon do chassours à pied et des 3« et 9" bataillons de chasseurs de marche.

23<* luitaillon do chaaaeurs à pied.

IG octobre 1871.

^iV bal.iillcm do rlinssonrs h pird do iiianhi*.

27 mai IK7I, oamp dos Alpines (liouches-du-l\htV uc).

Itôiiuion du 'il** kiLiillou <lo rhnsfuMiis à piod ilo iii.irche de raruH'*e do l'Kst ot du baUiillon do rhassours n pied de la garde iui|HJriale.

:fl<* loLnillun t\c rhasacurt à piod.

22 août 1871.

Ulst Bat Cbaas.

CORPS, DATES ET LIEUX

DB LBUB PORMATIOlf

^* bataillon de chasseurs à

pied de marche (bis).

zi décembre 1870, h Douai.

^ bataillon de chasseurs à

pied de marche.

W Janvier 1871. à Auxonne.

^ bataillon de chasseurs &

pic<l de marche.

H janvier 1871 , à St-Omcr.

^^ bataillon ilc chasseurs h

pied do marche.

30 janvier 1871, à Rocheforl.

'^ bataillon de chasseurs à

pied de marche.

t :dvricr 1871, à Rochefort.

29« bataillon de chasseurs h

pied.

28 janvier 1871, à UochcforL

90* bataillon de chasseurs h pied.

28 janvier 1871 , à Rochefort.

COMPOSITION

Formé ù 5 compagnies.

Formé à 4 compagnies.

Détachements des !«' et 20»

bataillons de chasseurs à pied cl niohilisés du dé- |)ar(ciQent du Nord.

Détachements dos &>, 8" et 12» bataillons de chasseurs à pied.

2 compagnies de chacun des 6e, 16*, 19« et 29e baUillons de chasseurs à yied.

2 compagnies de chacun des :^, {h et 14» bataillons de chasseurs h pied.

Détachements des 9o, 4», 9», 12», 14<* et 22N bataillons de chasseurs à pied.

CE QU'ILS SONT DEVENUS

ou COBPS DAMS LISQUIL8 lU CRI

ÉTÉ TIRSÉS;

DATE DE LA PtlSION

25« bataillon de chaneart à pied.

6 septembre 1871.

2f> bataillon de chatseiirs à pied.

6 septembre 1871.

26» bataillon de chasseurs à pied.

20 octobre 1871.

27** bataillon de chasseurt à pied.

24 juillet 1871.

28> bataillon de chasseurt à pied.

17 septembre 1871.

291» bataillon de chasseurt à pied.

11 août 1871.

3Ô« bataillon de chasseurt à pied.

11 août 1871.

La réorganisation de nos bataillons de chasseurs à pied fut opérée avec le plus grand zèle ; chacun avait au cœur le souvenir cuisant de nos défaites; tous voulaient être prêts au plus vite à repondre aux Allemands s'ils continuaient leurs exigences insolentes et voulaient nous attaquer encore.

Par décret du 28 septembre 1873, Tarmée française recevait une nouvelle organisation en 18 corps d'armée, plus un 19* en Algérie.

Voici comment furent alors répartis nos 30 bataillons de chasseurs à pied :

/•^ corps : 25* et !•' bataillons; 2^ corps : 2* et I2« bataillons; J* corps : 30* et 2o' bataillons; ^ corps : ij* et 9* bataillons; 5* corps : 4* et i8* bataillons; tf* corps : lo* et 26* bataillons; 7* corps ; 2 1* et 3* bataillons ; <?• corps : 5* et 13' bataillons ; p* corfis : 13* bataillons; /o* corps : 19* bataillon; //* corps : 22* bataillon; 72* corps : 23* bataillon ; /j* corps : 1 1* et i6* bataillon ; 14* corps : 6* et 14^ bataillons; /j* corps : 7* et 24* bataillons; i6* corps : 27' bataillon; /^ corps : 29* et 8* bataillons; iS^ corps : 28* bataillon.

Par décision du 5 juin 1874, le plumet vert-noir tombant, porté sur le shako, était de nouveau attribué aux commandants des bataillons de chasseurs à pied. Le 14 du même mois, un décret présidentiel autorisait le Ministre de la guerre à accepter le don d*unc rente de 100 francs, fait au 5* bataillon de chasseurs à pied par la veuve du brave commandant Carré, chevalier de la Légion d'honneur, tué glorieusement & l'ennemi devant Metz, le 31 août 1870, pour fonder deux prix annuels de 50 francs, pour des enfants de troupe du corps.

Une décision ministérielle du 7 juillet 1874 donnait comme armement i toute l'infanterie le nouveau fusil à percussion cen* traie, dit fusil modèle 74, dû aux recherches du capitaine d'artillerie Gras. L'arme nouvelle tirait une cartouche métallique, ne 8*encrassait pas aussi facilement, avait une portée plus grande, avec plus de justesse dans le tir, que l'ancien fusil modèle 1866. La solidité des étuis métalliques permettait un transport facile des cartouches à l'état libre, dans les cartouchières, et en assurait une plus longue conservation dans les approvisionnements de guerre immenses qu'on était obligé de constituer dans nos magasins.

Organisstion de 1875.

I^ loi du 13 mars 1875 vint modifier l'organisation de nos ba« taillons de chasseurs à pied, qui furent ramenés à l'effectif de cinq compagnies, dont une de dépôt, plus une section hors rang; les cadres furent les mêmes que ceux qui existaient antérieurement. Par application de la décision présidentielle relative à l'exécution de cette loi, en ce qui concernait l'infanterie, les 5* et 6" compagnies et la 8® (2* du dépôt) de chaque bataillon de chasseurs furent licenciées; la 7® devint 5* compagnie. Les officiers furent mis à la suite pour être replacés, autant que possible, dans les ba« taillons au fur et à mesure des vacances qui s'y produiraient. Dans le courant du mois d'avril 1875, dix-huit bataillons de chasseurs à pied furent attachés à des corps d'armée; les autres bataillons, dits indépendants, furent, les uns envoyés sur nos frontières, les autres, 4®, 8®, 9**, 11®, 12® et 15**, embarqués pour l'Algérie, pendant les mois d'avril et de mai. L'effectif des compagnies actives de ces derniers bataillons fut porté à iio hommes comme simples soldats.

Les chasseurs an Algérie depuis 1875 Jusqu'à nos Jours.

— Insurrection d'El AmrL

Nos bataillons de chasseurs & pied n'eurent pas à faire de campagnes de guerre bien importantes, pendant les quelques années qu'ils restèrent en Algérie; à part le 11*, qui prit part aux colonnes d'EI Amri et du Souf, des 4® et 17®, qui aidèrent à réprimer l'insurrection de l'Aurès, ils n'eurent à leur actif que de nombreux changements de garnison, des marches-manœuvres assez pénibles, pendant lesquelles ils se firent remarquer par leur solidité et leur entrain, et des travaux d'utilité publique et de colonisation. La poursuite du bandit Bou Guerra, les incendies des forêts, la destruction des sauterelles, furent pour eux des occasions de marches et de fatigues qu'ils supportèrent vaillamment.

Depuis la terrible insurrection kabyle de 1871, l'Algérie avait joui d'unegrande tranquillité; elle fut troublée au mois d'avril 1876 par l'insurrection d'EI Amri, oasis de la province de Constantinc, située à 48 kilomètres au sud-ouest de liiskra. La tribu des Bou

Azid et quelques contingents d'autres tribus 8*étaient insurgés ouvertement. Le général Carteret-Trérourt, commandant la division de Constantine, rassemble à Biskra une colonne dont (ait partie le ii** bataillon de chasseurs, sous les ordres du commandant RaynAL. Le générai fixe aux Bou Azid un délai de cinq jours pour venir (aire leur soumission et payer une (orte amende ; ceux, ci, emportés par leur fanatisme, refusent d'accepter ces conditions. Le 8 avril, la colonne part de Biskra, et arrive le 1 1 en vue de Toasis, on se sont rcfuj;iés les révoltés; cciix-ri S(* portent a sa rencontre et l'attaquent avec acharnement. Cavaliers et fantassins se ruent impétueusement sur la colonne, qui les repousse par un feu violent, et, après une heure de lutte, pendant laquelle ils perdent une cinquautaine de tués, les rejette dans l'oasis. Le ii* bataillon de chasseurs n'avait qu'un seul homme blessé pendant cet engage* ment.

Le soir, le camp est, par prudence, installé à bonne portée de ro<'\sis, sur un terrain dominant légèrement la plaine, et la colonne commence des tranchées sur les trois faces qui regardent l'oasis. I^ 14 avril, à la chute du jour, les Arabes profitent d'une tempête (urieuse, qui souflle de notre côté et nous aveugle de sable, pour se précipiter sur le camp. Cette attaque inopinée est arrêtée par le feu des hommes, qui courent aux tranchées et font pleuvoir, une partie de la nuit, des balles sur l'oasis. Le 1 1® bataillon a, dans cette alTaire, un officier blessé, le sous-lieutenant Gadet, ainsi qu'un chasseur. Deux colonnes, envoyées de Constantine et de Bou Saada, arrivent à marches forcées le 22 avril; les troupes de la division d'Alger, amenées par le général de Roquebrune, opèrent leur jonction avec celles du général Carteret, le 26 avril; l'oasis est immédiatement investie. Le 27 et le 28, des sections d'artillerie ouvrent le (eu sur l'oasis, et (ont subir aux insurge des pertes assex sérieuses; aussi, après ces deux jours de bombardement, le draj)oau parlementaire est hissé sur les quatre (ares de l'oasis; Tinsurrection est vaincue, et les otages emmenés au camp du général.

Après une station de quelques jours, |H)ur permettre de procéder au recensement des palmiers, la colonne rentre le ig mai à Biskrai où elle est dissoute le 22.

L*année suivante, la 3** compagnie du 11^ bataillon de chasseurs h pied (ait partie de la petite colonne organisée par le général Logcrot, commandant la subdivision de Batna, qui explore le Souf et rOucd Rhir, et rentre à Biskra le 19 mars. La 3* compagnie rejoint le bataillon le 25 mars, sans avoir laissé aucun homme

en arrière, dans ce long trajet à travers un pays peu exploré et difficile.

En 1877, les 8* et 11* bataillons de chasseurs à pied rentraient en France, et étaient remplacés en Algérie par les 2* et ly^batail* Ions.

Fêta de la Sidi-Brahim.

Le 25 septembre 1878, les chasseurs à pied célébrèrent solennellement , pour la première fois, le mémorable anniversaire du combat de Sidi-Brahim, cet héroTque fait d'armes accompli par le 8" bataillon, mais qui est considéré partons les autres comme un apanage de gloire qu'ils revendiquent. La fête avait été résolue et le programme arrêté entre les commandants des bataillons de chasseurs, réunis au camp de Châlons pour des expériences de tir.

C'est avec le plus grand éclat que tous les bataillons la célèbrent chaque année ; mais au 8* de l'arme, au bataillon de la Sidi, comme nous l'appelons, cet éclat est rehaussé par la noble présence du héros du combat, de LavavssièrE lui-même. Lx>ngtemp8, le brave d'entre les braves échappa à l'afTection et au saint respect dont l'entourent les chasseurs à pied; simple éclusier du Lot, il vivait tranquillement de sa petite pension de retraite et de son modique salaire, lorsqu'il fut atteint d'une maladie d'yeux qui nécessita son entrée à l'hospice des Quinze-Vingts. A peu près guéri en 1884, il put, pour la première fois, se rendre à Amiens, pour assister à l'anniversaire de Sidi-Brahim. C'est avec une vi« brante émotion que nos jeunes chasseurs choquèrent leur verre contre celui du héros dont le récit des exploits leur avait bien souvent arraché des larmes de fierté et de patriotisme. Une souacription fut ouverte dans les trente bataillons de chasseurs ; elle pro* duisit 10,000 francs, dont les rentes servirent, avec sa pension de retraite, à assurer l'existence de ce vaillant soldat, dont l'héroïsme est pour nous tous un exemple et un guide. Tous les ans, à la fête des trois glorieuses journées, Lavavssière! tous les chasseurs sont fiers et heureux de savoir que tu es encore là, et que ta pensée les suivra, que ton exemple les guidera quand il faudra, bientôt, réclamer à l'étranger les frères qu'il a arrachés à la patrie.

Insurrection de TAuràs.

Depuis 1876, la tranquillité de l'Algérie n'avait pas été troublée, lorsque, vers le milieu du mois de mai 1879, éclate insurrection de TAurès, où les Ouled Daoud, du cercle de Batna, et les Béni- Bou Siiman, du cercle de Biskra, se sont révoltés. A la nouvelle de ce soulèvement, le général de division FORGRMOL DR BOST- QURNARD prend scs dispositions pour éteindre ce foyer d'insurrection qui avait atteint le massif montigncux. Trois colonnes d'opérations sont immédiatement organisées et dirigées sur Médina, position importante de l'oued el Abiod; ce sont : la colonne Logerot, qui comprend le 17** bataillon de chasseurs à pied,commanmandant DE MONAKD, àUatna; la colonne Cajard, dont fait partie un batiillnn mixte, composé de deux compagnies du 3® zouaves, et des 3*" et 4* compagnies du 4** bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du commandant Le Doulcet DE PONTÉCOULANT, à Biskra; enfin, la colonne Gaume, à Krenschala.

Le 2 juin, trois compagnies du 17* bataillon et une section de la 3* compagnie, qui étaientà Batna, se portent immédiatement contre les Arabes. Le bataillon s'établit au camp de R'baa, où il attend jusqu'au 9 un combat qui dure deux heures A |>cine. 1^ 13 juin, le bataillon rejoint la colonne Logerot, qui poursuit les rebelles dans l'Aurcs.

Le 7 juin, la colonne Cajard part de Batna, arrive le 1 1 à Biskra, et commence immédiatement ses opérations. Pendant cette mar* che rapide, rendue très pénible par la chaleur excessive, le sirocco et la rareté de l'eau, les deux compagnies du 4** bataillon de chasseurs supportent vaillamment ces premières et dures épreuves. Lxî 16 juin, la colonne arrive devant les gorges de Tiranine. Des Arabes dissidents font mine de défendre Tacrès du déHIé, mais quelques coups de fusil les mettent en fuite, et le passage s'effectue sans résistance. A partir de cet endroit, tout le pays des Beni- Sliman, qui a fourni des contingents ennemis, est traité en conséquence; on brûle les villages abandonnés. Trois jours après, la colonne, marchant sur Dra el Lakal, fouille les ravins dans lesquels les Arabes avaient caché leurs troupeaux, pousse ceux-ci devant elle, et fait ainsi une importante razzia. Les trois colonnes se réunissent à Medinah, et continuent leurs courses à travers les pays

fi*t:rM»»:rf-x i.-.r r-nr ''-r*-.*:liîni*-. tiâ':nûx&e isr car ^iç «Atr^rt UituL vs. iiâfr*i«*& v^iibif». «a iHtt me le

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> f^' j^'ïv f^ <^. r,iyA^x* v^ Uit :39 deroû- de je rrmnMlie et ^ ^.'îr-rviir >:t r«^r*^v>?:«siU a.3x ommaftdants, asx ofidcrs et

Jy: y, yi\*i^ U: j^'.f*^ra! SiJi^'ïr icur adressait an» rofdre di

« A'i rr^^fft^ut an '.ir^Tif.m ks colonnes ezpéditîoanaîres. le gè» r»^;f; ///ffirrundant k i^^ corps est heureux de transmettre les tJ-ftt/A'z/tMy^^t fin %iiû\\kfX\tjn de M. le gouverneur généial, et les %i':fi« proi^TK^, aux troupe r^ui ont pris part aux opérations milif^itf' « fU: \'A provinrc de Constantine, ainsi qu'aux officiers de toos yf4fïf:% f\m les ont dirig'Ses ou conduites. Cette prise d'armes insen-

66e de quelques fanatiques de TAurès aura servi du moins & prouver à ceux qui seraient tentés de les imiter, que le gouvernement civil de TAlgérie possède les moyens militaires les plus puissants pour châtier les rebelles et faire respecter son autorité. »

Vers la fin de Tannée 1880, tous nos bataillons de chasseurs à pied étaient rentrés en France. Depuis cette époque, pendant Texpédition du Tonkin en 1885, '^^ ^» ^3^ ^^ 3^* bataillons de chasseurs à pied furent dirigés sur 1* Algérie pour remplacer les troupes du 19" corps qui avaient été envoyées en Extrême-Orient; ces trois baLiillons sont depuis lors rentrés en France et placés a la frontière des Alpes.

Modifloations à Parmement et à rorganiimiion

des ohmsseort à pied.

Pendant Tannée 1886, la commission de TEcole normale de tir du camp de Chàlons proposa, sous les auspices du général Tramond et du colonel Lebel, un fusil à répétition, du calibre de 8 millimètres, dont les tirs d expérience furent confiés à la direction des officiers et à Texécution des chasseurs du 30* bataillon, en garnison à Versailles. Les résultats de ces expériences furent excellents; tous apportèrent le plus grand zèle et Tattention la plus soutenue h Téludc et ;\ la pratique de Tanne nouvelle, qui fut définitivement adoptée et remplaça le fusil à répétition modèle 1884, qui avait un moment constitué Tarmement de nos troupes de première ligne. [^ fusil modèle 1886 est actuellement entre les mains de toute Tarmée française; tirant une cartouche à poudre sans fumée, dont la balle est animée d*une vitesse initiale d*enviroa 620 mètres, le fusil actuel, indépendamment d'une grande augmentation de portée, jouit d'une justesse supérieure, due i la grande tension de sa trajectoire; la balle possède une force de pénétration supériiMirc à celle de toutes les meilleures armes européennes; en résumé, c'est une arme excellente et solide, dans la(|uclle tout le monde a la plus grande confiance.

L^ loi du 25 juillet 1887, relative à l'organisation de Tarmée, apporta les modifications suivantes à la loi du 13 mars 1875. Nos bataillons de chasseurs n*eurent plus que quatre compagnies actives et une section hors rang, par suite de la suppression de la compagnie de dépôt. L'effectif total de chacun des liataillons ne fut plus que de 544 hommes, à l'exception de ceux en garnison sur

la frontière de TEst, dont les compagnies, portées à l'effectif renforcé, comprenaient comme cadres de compag^nies 4 officiers : I capitaine et 3 lieutenants ou sous-lieutenants. Les compagnies de dépôt furent supprimées dans tous les bataillons de chasseurs à pied, à l'exception de ceux de la frontière des Alpes, pour lesquels, le 25 octobre 1887, M. le Ministre de la guerre, général Ferron, présentait un projet de loi portant organisation de troupes spéciales de montag^ne. Ce projet avait pour effet d'enlever de l'arme et de former en corps spécial de chasseurs de montagne douze de nos bataillons de chasseurs à pied. La commission de la Chambre des députés pensa qu'il était inutile de séparer ainsi en deux tronçons une arme qui, disait le rapporteur « née d'hier, a sti déjà conquérir dans nos annales militaires un passé si glorieux ». C'était une preuve éclatante et autorisée donnée à la solidarité qui unit nos trente bataillons.

Depuis le mois de juillet 1890, les bataillons de chasseurs à pied ne sont plus affectés aux corps d'armée, en raison des missions spéciales dont ils sont chargés; les bataillons de chasseurs sont actuellement dits « indépendants ».

Las chassanrt alpins.

A la suite d'une étude approfondie de l'organisation des chas* seurs à pied, la Chambre des députés vota la loi du 24 décembre 1888, qui modifiait encore l'organisation de nos bataillons. Le chiffre normal des compagnies fut porté de 4 à 6, cette mesure de* vant être appliquée immédiatement aux douze bataillons staticonés dans les territoires des 14* et 15* régions, et dans les autres bataiU Ions successivement et suivant les nécessités du service et les ressources budgétaires. Les douze bataillons chargés d'opérer plus spécialement dans les régions montagneuses reçurent l'eficctif complémentaire suivant :

I lieutenant chargé des équipages; i sergent conducteur des équipages; i caporal conducteur des équipages; i caporal mallre maréchal ferrant: 1 caporal infirmier; i soldat secrétaire du capitaine-major: I soldat ouvrier bourrelier; i soldat adde maréchal ferrant; 7 conducteurs; 10 chevaux et mulets.

Dans chaque compagnie, il y avait en plus i lieutenant ou sous* lieutenant. 17 chasseurs et 6 mulets.

Le Ministre de la guerre fut autorisé, dans la limite des crbGts

dont il disposait, à apporter à la tenue et à Téquipement des chasseurs alpins les modifications nécessitées par le climat des régions où ils avaient à manœuvrer. La loi du 24 décembre portait encore que la moitié des commandants de ces douic bataillons pouvaient être nommés lieutenant-colonels et maintenus dans leur emploi.

Nos bataillons de chasseurs à pied alpins sont complètement organisés maintenant; ils ont chacun une section de la frontière des Alpes à étudier en temps de paix, à surveiller et défendre en temps de guerre. Une batterie d'artillerie de montagne et un détachement du génie complètent, en outre, le groupe alpin chargé de la défense de chaque secteur. Chaque année, pendant la belle saison, nos chasseurs alpins passent quatre mois dans la montagne, grimpant les glaciers, tournant les précipices, exécutant des tirs de guerre en terrain accidenté, campant ou cantonnant à des hauteurs de 2,000 mètres, suivant les circonstances et les moyens locaux, et se préparant, par les rudes travaux de la paix, aux plus rudes travaux de la guerre. Grâce à eux, notre frontière des Alpes n*a plus rien à redouter des 75 compagnies alpines de Tltaiie. En 1885, deux officiers du 12* bataillon commandé par le commandant Arvers, mm. de GouvELLOet M'RoË, font Tascension périlleuse de la Barre des Ecrins, et la section lyonnaise du Club alpin français, dans sa séance du 30 octobre, décide que le 12* bataillon sera considéré désormais comme un de ses membres honoraires. Celte admission est votée par acclamations, à Tunanimité des voix.

La tenue et l'équipement de nos chasseurs à pied alpins ne sont pas encore définitivement adoptés; ils sont encore 4 Tessai. Actuellement, ils ont comme coifiiire le béret béarnais large et pouvant se rabattre en avant ou en arrière, à droite ou 4 gauche, suivant les besoins; la veste est remplacée par une vareuse 4 collet large et rabattu, garnie de poches et munie d'épaisses pattes d'épaule destinées 4 maintenir les bretelles du sac; les parements de ce vêtement peuvent être rabattus. Ix l>as du pantalon est serré par une bande de drap qui s'enroule autour de la jambe, la protège contre la neige, les pierres et l'eau, et se fixe à hauteur du genou par un lacet enroulé autour du mollet. Les chaussures sont confectionnées par les corps eux-mêmes, d'après les modèles auxquels ils auront donné la préférence. Sous la vareuse, les hommes ont un jersey; une ceinture de flanelle bleue leur garnit les hanches. Quand le froid est trop vif, ils portent des gants de laine épais; la capote est remplacée par un long collet 4 capuchon, du modèle qui était autrefois en usage dans l'arme. Tous les hommes

sont poarvus d*ua alpenstock, long bâtoo de mootagne, ferré, en dea morceaux, qui se bouclent sur le côté du sac pendant le com* bat ; sur le sac, les chasseurs portent, en outre, la tente^abri et la couverture de campement. Chaque compagnie dispose de dix poires de patins.

Les officiers portent des molletières en cuir ou en drap noir, lacées ou bouclées; sous la vareuse ou le dolman ouvert, ils ont le gilet de drap noir avec boutons métalliques; le £anx-€ol blanc adhérent au vêtement est supprimé; sur le col de la diemise ib portent la cravate noire.

Presque tous nos bataillons de chasseurs i pied sont an poste d*honneur à la frontière, à Texception de quelques-uns d'entre en, qui sont prêts à s'y porter au premier appel de la Patrie. Void d'ailleurs remplacement actuel de nos bataillons par corps d'armée, ainsi que leurs lieux de garnison :

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